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«Félix et le trésor de Morgäa»: la quête de l'amour paternel

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En imaginant l’histoire du petit garçon qui cherche son père disparu, une trame qui est devenue le fil conducteur du film d’animation québécois Félix et le trésor de Morgäa, le réalisateur Nicola Lemay dit avoir fait écho, sans le vouloir, à sa propre quête d’amour paternel.

« Inconsciemment, je m’adressais un peu à mon père », confie le réalisateur, qui a obtenu la collaboration de Marc Robitaille pour bonifier le scénario de ce long métrage d’aventures, qui prend l’affiche en même temps que la réouverture des cinémas, cette fin de semaine.

Le récit de Lemay s’articule autour d’un gamin de 12 ans, Félix (la voix de Gabriel Lessard), qui enrôle un marin à la retraite (Guy Nadon) pour partir à la recherche de son papa, disparu depuis deux ans en mer après être parti à la recherche d’un trésor. Ils aboutissent sur une île secrète où la mégalomane Morgäa (Karine Vanasse) veille jalousement sur ce trésor qui procure la jeunesse éternelle.

Dans la réalité, Nicola Lemay est le fils de Jean-Guy Lemay (J. Guilemay, sous son nom d’artiste), auteur d’une série de bandes dessinées très populaires dans les années 1970, Bojoual le huron kébékois.

Populaire ?

« On parle de 100 000 exemplaires, ce qui était un bon succès à l’époque du Québec Power, et mon père courait beaucoup après ça, le succès. Il fallait que ça vende. Alors que moi, quand j’étais petit, je m’en sacrais de Bojoual. Tout ce que je voulais, c’était mon père », évoque-t-il.

Comme le Félix de son histoire.

La même inspiration que Star Wars

Depuis une vingtaine d’années, Nicola Lemay fait son chemin avec succès dans le milieu de l’animation. Il a signé quelques courts métrages, dont certains ont été récompensés dans des festivals.

Pour son premier long métrage, il a poursuivi la tradition de la maison de productions 10e Ave (La légende de Sarila, Le coq de St-Victor, Nelly et Simon: Mission Yéti) en campant le point de départ du récit dans une région du Québec, les Îles-de-la-Madeleine, en l’occurrence.

Par contre, pour créer l’île-de-la-Nuit-Éternelle de Morgäa, il dit avoir partagé une inspiration irlandaise avec... Star Wars.

« Je ne voulais pas une île tropicale ou une île magique avec son propre écosystème. Je voulais quelque chose de réaliste. J’avais déjà travaillé en Irlande et j’aimais beaucoup les îles Skellig, qui sont très arides et où presque rien ne pousse. Star Wars a pris la même référence et ils ont même tourné carrément sur place. »

Vieillir ou ne pas vieillir

À travers l’idéal d’intemporalité du personnage de Morgäa, une femme à la fois narcissique et fragile à la silhouette figée pour l’éternité, Karine Vanasse, qui lui prête sa voix dans les versions française et anglaise du film, peut tracer un parallèle avec la pression exercée sur les actrices pour gober tout signe de vieillissement grâce à la chirurgie esthétique.

« Si cette question est présente pour nous, imaginez ce que ce sera pour les enfants qui voient ce film quand ils seront adultes. Voir un visage qui vieillit va devenir confus. C’est certain qu’on associe cela aux stars de Hollywood, mais il y en a combien, de jeunes Québécoises dans la vingtaine, qui subissent des injections ? C’est énorme », se désole-t-elle. La comédienne, qui applaudit la décision récente de Elle Québec de faire sa une avec une femme dans la cinquantaine comme Pascale Bussières, affirme avoir toujours su résister, jusqu’à maintenant, aux sirènes du botox.

« J’ai eu de la pression de certaines personnes qui me disaient que ce serait plus beau à l’écran si le pli que j’ai dans le visage n’était pas là. Sauf que s’il n’était pas là, il y a peut-être des émotions qu’on ressentirait moins et mon travail, c’est de transmettre des émotions. Venir jouer dans ma face, ça ne me tente pas parce que j’ai peur que ça affecte la qualité de mon jeu. » 


Félix et le trésor de Morgäa est présentement à l’affiche partout au Québec.