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Non au passeport vaccinal

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On apprenait jeudi grâce au travail des journalistes que le gouvernement envisageait la création d’un passeport vaccinal. Le ministre Christian Dubé s’enthousiasmait que la technologie permettrait de s’assurer que les gens qui fréquenteraient restaurants, bars et salles de sport aient bien été vaccinés.

On a rapidement mis le couvert sur la marmite, expliquant par la voix d’une attachée de presse que cette attestation vaccinale ne servirait qu’aux Québécois désirant être admis sur le territoire de pays qui pourraient l’exiger.

Cette approche doit être impérativement confirmée par un responsable politique et toute autre utilisation d’un passeport vaccinal doit être formellement interdite, par la voie législative s’il le faut.

Discrimination

Ce à quoi cette proposition ouvre la porte, c’est à la discrimination des Québécois sur la base de leur ordre de priorité dans le calendrier de vaccination. Déjà, les chambres de commerce applaudissent l’idée de servir ceux ayant été vaccinés, alors que ceux qui attendent encore leur dose chez eux y resteront. Même chose pour celles et ceux qui, à cause de leur condition immunitaire, ne peuvent recevoir de vaccin.

L’idée risque en plus d’être inutile, puisque tout indique que le vaccin, s’il protège des formes graves de la maladie, n’empêche pas d’en être porteur et de la transmettre. Les sondages montrent que 74 % des Québécois souhaitent être vaccinés, un chiffre en progression rapide et qui augmentera encore à mesure que les doses arriveront et seront injectées sans complications significatives. 

Jetez la clé !

Rien ne permet de croire qu’une telle mesure sera nécessaire pour inciter les gens à se faire vacciner. Au contraire, cette idée ne fait qu’apporter de l’eau au moulin des conspirationnistes qui y voient un grand «ah-ha!» démontrant toutes les intentions malveillantes qu’ils ont cru déceler chez nos dirigeants depuis le début de la pandémie.

Vraiment, cette idée doit être verrouillée et la clé jetée aux oubliettes et ça presse. Ce serait bien que nos autorités sanitaires n’embarrassent plus le débat public de telles niaiseries d’ici la fin du marathon.