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Vols de catalyseurs: un recycleur pointé du doigt veut faire partie de la solution

Jessy Moreau, propriétaire de l’entreprise A Gagnon Récupération, à Saint-Sylvestre, en Chaudière-Appalaches, montre un catalyseur, objet devenu une cible prisée des voleurs.
Photo Didier Debusschere Jessy Moreau, propriétaire de l’entreprise A Gagnon Récupération, à Saint-Sylvestre, en Chaudière-Appalaches, montre un catalyseur, objet devenu une cible prisée des voleurs.

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Un propriétaire de cour de recyclage automobile, ciblé à tort comme un facilitateur, déplore le marché noir des catalyseurs et n’hésite pas à dénoncer les revendeurs « louches » qui tentent de lui vendre ce précieux bout de tuyau.

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«Personnellement, ça me dérange, je n’approuve pas ça du tout», lâche Jessy Moreau, de A Gagnon Récupération, situé à Saint-Sylvestre, en Chaudière-Appalaches. 

En janvier, juste avant l’imposition du couvre-feu, une nouvelle vague de vols est survenue dans les municipalités avoisinantes et M. Moreau jure que les catalyseurs subtilisés ne se sont pas retrouvés dans sa cour. 

Au contraire, il assure travailler «main dans la main avec les policiers» pour endiguer le fléau, ajoutant que ceux-ci passent régulièrement afin de récolter des informations qu’il n’hésite pas à transmettre. 

Pour éviter d’être complice d’un crime, M. Moreau demande même une carte d’identité à tout vendeur avant d’acheter ses pièces afin de garder une trace. 

«Une fois, j’ai eu un téléphone louche, je le savais ! Il avait trois catalyseurs de CRV [Honda]. J’ai pris ses coordonnées», raconte-t-il.

Il précise avoir contacté les policiers, qui ont ainsi pu relier l’individu à des plaintes et lui passer les menottes. 

Compétition illégale

M. Moreau rappelle que la récupération de catalyseurs est un marché légal que les entreprises de recyclage exploitent depuis les années 1990 lorsque cette pièce antipollution est devenue obligatoire sous les véhicules.

«Ç’a toujours été un marché qui a existé avant même que le prix des métaux soit vraiment en hausse».

Pourtant, il admet que les commerces comme le sien sont «pointés du doigt» en étant accusés à tort d’être la pierre angulaire de ce recel, le lien entre les voleurs et les fonderies qui transforment les métaux précieux. 

Au contraire, l’explosion du marché noir des catalyseurs est venu «briser notre marché», dit-il.

Sur internet

Pour ceux qui ont pignon sur rue, ajoute M. Moreau, il est difficile de rivaliser avec les intermédiaires qui achètent les précieux tuyaux « cash, sans taxe et sans poser de questions » grâce à des annonces sur les sites web de Kijiji ou Marketplace. 

«Il y a tout un racket», conclut celui qui a été victime d’un vol de catalyseur sur son véhicule personnel il y a quelques mois.