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Gestion de la pandémie: «C'était important de prendre une décision rapide»

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Il y a un an, le Canada entrait en guerre contre un ennemi invisible: la COVID-19. Depuis son arrivée au pays, le coronavirus a fait plus de 10 000 morts. 

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Fermeture des écoles, premier confinement, ravage dans les CHSLD et, éventuellement, implantation d’un couvre-feu: François Legault et son équipe ont dû prendre des décisions difficiles dans la dernière année.

«Dès mes premières rencontres avec le Dr Horacio Arruda , j'ai vu qu'il y aurait des décès et qu'il y aurait beaucoup de décès. À l'époque, on manquait d'information. C'était important de prendre une décision rapide», se remémore le premier ministre du Québec.

La plus difficile d’entre elles: fermer les écoles, selon M. Legault. 

«Ça, ça a été le plus difficile. Parce que, je l'ai souvent dit, ma priorité, c'est l'éducation. Je savais très bien qu'en fermant les écoles, on nuirait à la réussite d'un bon nombre d'enfants», dit-il.

C’est le 13 mars 2020 que les choses deviennent sérieuses au Québec. La province entre dans la première vague de la pire crise sanitaire des 100 dernières années. Il n’y a alors que 37 cas de COVID-19 recensés.

«Il y avait un grand stress. C'était comme le stress de savoir ce qu'il va y avoir dans le prochain rapport quotidien. On espérait que le nombre de cas diminue, mais ça augmentait chaque jour, les hospitalisations augmentaient...» laisse tomber François Legault.

Deux jours plus tôt, le 11 mars, le trio alors composé du premier ministre, du directeur national de santé publique, le Dr Arruda, et de la ministre de la Santé de l’époque, Danielle McCann, tenait son premier point de presse quotidien. Depuis, il y en a eu presque 180.

«Des points de presse tous les jours, c'est très exigeant pour s'assurer qu'on soit clairs dans nos messages. En amont, il y a eu beaucoup de préparation», explique Michel Léveillé, secrétaire général associé du gouvernement.

Des nuits à s'informer  

Face à l’inconnu et ne disposant que de peu d’information, Québec est sur le qui-vive.

«Moi, je passais mes soirées – je dirais même certaines nuits – à m'informer sur CNN, à lire ce qui se passait en Europe, voir ce qui se passait aux États-Unis, entre autres à New York, pour essayer de m'inspirer sur les mesures à prendre. Mais le lendemain, j'arrivais et on prenait des décisions, quitte à les ajuster par la suite», explique M. Legault, qui dit s’être rabattu sur son expérience de gestionnaire pour guider le navire.

Avec plus de 1100 cas de COVID-19 actifs au Québec, le gouvernement confine la population pour une première fois le 23 mars. 

«Ce qui nous a fait le plus peur, c'est quand on a compris que ça allait déborder le réseau de la santé. Que ce ne serait pas une solution santé, que c'était une solution d'une société, c'est là qu'on a dit: “Oh!”» mentionne Yves Ouellet, secrétaire général du Québec.

Et prendre des décisions qui auront des répercussions sur la vie de tous les Québécois n’est pas une tâche facile.

«Un des défis qu'on avait, c'est que tout le monde n’était pas toujours d'accord», dit Michel Léveillé.

«C’est à l'intérieur d'un univers très incertain qu'il fallait évoluer, puis prendre les meilleures décisions possible», ajoute Yves Ouellet.

Lacunes importantes 

Mais la crise met en lumière des lacunes importantes dans le réseau de la santé, plus particulièrement le manque d’employés. Sans garantie de réussite, Québec lance une opération de sauvetage pour embaucher 10 000 préposés aux bénéficiaires.

Une solution exceptionnelle à une situation exceptionnelle, dira M. Legault.

«Le meilleur coup, c'est d'avoir embauché les 10 000 préposés aux bénéficiaires. Je pense que tous ceux qui ont travaillé au gouvernement savent que c'était impensable de mettre 10 000 étudiants sur les bancs d'école avec des profs à un nouveau salaire et puis que ça marche. J'ai été obligé de l'imposer à tous les ministères», se souvient le premier ministre.

Malgré tout, François Legault se félicite d’avoir été proactif dans sa gestion de la pandémie de COVID-19.

«Dans une crise comme ça, il y a deux sortes de gestionnaires, il y a ceux qui attendent plus d'information, plus de plans. Mais, comme on le dit: “le mieux est l'ennemi du bien”. C'est-à-dire que si on attend pour prendre des décisions, c'est la pire chose à faire», dit-il.

«Ce que j'ai fait dès le début, c'est prendre des décisions rapidement, quitte à ajuster par la suite. Je l'ai fait de façon humble», ajoute-t-il.

Un regret

François Legault a un regret concernant la dernière année: s'être emballé avec le congé des Fêtes.

«Parce que j'ai créé des attentes, puis, là, j'ai été obligé de dire: “Je m'excuse, je me suis trompé. Les cas ont trop augmenté, il faut tout annuler ça.” J'aurais été mieux de ne rien dire. Mais, encore une fois, c'est mieux de prendre des mauvaises décisions, les ajuster, que de ne jamais prendre de décision», estime-t-il.

Québec mise maintenant sur la campagne de vaccination pour sortir la province de cette crise sanitaire.

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