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Réunis sur scène en zone orange

André Robitaille et Jean-Michel Anctil réalisent un vieux rêve

André Robitaille et jean-Michel Anctil
Photo courtoisie, Émilie Lapointe Des cailloux plein les poches raconte l’histoire d’un village où débarque une grosse production hollywoodienne, et où les habitants sont appelés à jouer des figurants.

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La pandémie aura permis à André Robitaille et Jean-Michel Anctil de réaliser un rêve vieux de trente ans : monter sur scène ensemble. Le duo campera à lui seul quinze personnages dans une adaptation de la pièce à succès britannique Des cailloux plein les poches, dont la tournée débute samedi en zone orange. 

Avec sa boîte, Monarque Productions, André Robitaille a produit plusieurs pièces qui devaient partir en tournée avant que frappe la pandémie, dont Les Voisins et Le dîner de cons, toutes deux impossibles à faire en distanciation. 

Devant le vide, il s’est demandé si Des cailloux plein les poches, pièce qu’il avait vue il y a 20 ans à Juste pour rire, pouvait être jouée à deux mètres de distance. « La réponse, c’est oui, et elle est prête, a-t-il confié au Journal. On est pas mal fier de notre show ».

« On est deux acteurs avec une casquette, on tourne la casquette et on est quelqu’un d’autre, dit-il. Il n’y a pas de changement de costumes. On raconte l’histoire et la magie opère dans l’imaginaire du spectateur. »

Partir léger

Même s’ils ne sont que deux, l’adaptation de la pièce en mode COVID a été un travail colossal, dit-il à l’autre bout du fil. 

« On a travaillé avec des bâtons de deux mètres, Jean-Michel et moi, pour nous assurer qu’on était en loi, avec tous nos concepteurs masqués, raconte-t-il. On a fait ça pendant un mois. On se partage un seul accessoire, et c’est un texte enroulé et on ne touche pas le même côté. On est vraiment premiers de classe en ce qui concerne les règles. »

Sur le plan du transport, c’est toute une logistique d’aller présenter du théâtre aussi loin qu’en zone orange, explique André Robitaille.

« On part avec une seule technicienne capable de tout faire, qui travaillera avec les équipes techniques des théâtres respectifs, explique-t-il. On a un décor léger, mais avec un son et des éclairages assez sophistiqués. Les gens vont en avoir pour leur argent. »

Acteur heureux, producteur soucieux

André Robitaille se dit très heureux de recommencer à jouer. Mais le producteur en lui est « soucieux », affirme-t-il.

« Le souci, c’est deux choses. Quelle sera l’ambiance en jauge COVID ? J’imagine des salles de 900 avec 250 personnes écartées. Ça, ça m’intrigue. Je ne l’ai jamais vécu. Et la deuxième chose, c’est : est-ce que les gens vont venir ? Est-ce que le spectateur va acheter ? Les diffuseurs font un travail impeccable pour que les gens se sentent en sécurité. Mais j’ai hâte de voir la réaction. » 

S’il dit qu’il n’aimerait pas « avoir la job du gouvernement », André Robitaille pense néanmoins « que l’ouverture des théâtres arrive tard ». 

Il produit également le nouveau spectacle solo de Marcel Lebœuf, Le curieux destin d’Marcel, mis en scène par Luc Senay, et qui part aussi en tournée dans les prochains jours.

« Il y a des shows qui ne se jouent pas à deux mètres. Mais on peut créer, on peut s’ajuster. Alors oui, j’ai une petite impatience. Et on ne vend pas de popcorn, on pourrait ouvrir plus facilement ! »


Des cailloux plein les poches sera présenté le 6 mars à Sept-Îles, le 7 mars à Baie-Comeau, le 25 mars à Rivière-du-Loup, le 26 mars à Amqui et le 27 mars à Rimouski.