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Des employés du secteur public à bout de souffle

Des employés du secteur public, représentés par la CSN, ont manifesté mardi devant le CHUL de Québec pour dénoncer la lenteur des négociations en cours avec le gouvernement.
Photo courtoisie Des employés du secteur public, représentés par la CSN, ont manifesté mardi devant le CHUL de Québec pour dénoncer la lenteur des négociations en cours avec le gouvernement.

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Les syndiqués du secteur public au Québec prévoient d'intensifier les moyens de pression pour accélérer les négociations, qui sont au point mort après plus d’une cinquantaine de rencontres avec le gouvernement.

«Depuis quelques mois, c’est au point mort. On n’a pas avancé parce que le Conseil du trésor n’a pas de mandat. Leur mandat, c’est de retirer des clauses des conventions collectives, mais ils n’ont rien à offrir», a dénoncé Pierre Émond, président du syndicat des travailleuses et des travailleurs du CHU de Québec-CSN, qui représente 3100 travailleurs dans cinq établissements. 

Pour faire entendre leur mécontentement, des syndiqués ont manifesté mardi devant le CHUL de Québec. Les négociations collectives des secteurs public et parapublic touchent près de 550 500 syndiqués au Québec, dont 260 000 dans le réseau de la santé.  

Parmi les moyens de pression envisagés, les syndiqués des services alimentaires des hôpitaux pourraient servir les repas avec 15 minutes de retard.  

«Ce n’est rien pour mettre la vie des patients en danger. Durant le délestage, le gouvernement nous a donné de bonnes idées pour des moyens de pression», a ajouté M. Émond.  

L’automne dernier, la CSN a proposé une augmentation de 2$ l’heure pour l’année 2020 pour ses membres, incluant les préposés aux bénéficiaires, et de 0,75$ l’heure ou de 2,2% pour les deux années subséquentes, selon ce qui est le plus avantageux.  

Épuisement

«Au niveau de l’état général des travailleurs de la santé, les gens sont épuisés. Ils sont fatigués. Déjà, avant la pandémie, ils tenaient le réseau à bout de bras. On a vécu toutes les politiques d’austérité, les fusions et, avec la pandémie, c’est des décrets après décrets», a ajouté Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). 

«On vit une crise, au Québec, mais les gens dont la vocation est de soigner les autres la vivent doublement. Ça, on dirait que personne ne s’en préoccupe au niveau du gouvernement du Québec. C’est d’une tristesse extrême», a poursuivi Mme Gingras.  

Inconcevable

Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), juge inconcevable qu’après autant de rencontres de négociations, il n’y ait toujours pas de projet d’entente sur la table.  

«Ça n’avance pas. J’espère que l’intention du gouvernement, ce n’est pas de faire une négociation traditionnelle et de faire un coup de force, parce que s’il fait ça, l’année prochaine, on va se demander comment se fait-il qu’il n’y a plus personne pour travailler dans le réseau de la santé», a réagi M. Begley. 

Mélissa Bernard, préposée aux bénéficiaires en chirurgie cardio pédiatrique au CHUL de Québec, affirme manifester pour de meilleures conditions de travail. 

«Avec le délestage, si une préposée est malade une journée, je tombe seule avec un département rempli. On n’arrive pas. On est à bout de souffle», a-t-elle confié.