/opinion/columnists
Navigation

Des questions sur le «confinisme» radical

Coup d'oeil sur cet article

Tous ont compris, en mars 2020, la fonction du premier confinement : il fallait, dans la mesure du possible, casser l’épidémie.

La plupart ont même accepté le second confinement : s’il fallait à nouveau se terrer pour empêcher l’explosion du système de santé, alors nous allions nous terrer. 

Mais plus le temps passe et plus on constate que le confinement, de mesure d’exception, devient le mode de gestion privilégié de la pandémie. On pourrait même parler du confinement comme mode de vie.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Confinement

Même quand la situation s’améliore, même quand les données laissent croire que nous pourrions respirer à nouveau un peu, les partisans du confinement massif dénoncent tout assouplissement des mesures. Quelle que soit la nouvelle, ils en arrivent à la même conclusion : il faut toujours serrer la vis. Ceux qui confessent quelques réserves seront au mieux traités d’irresponsables, au pire de conspirationnistes. 

Il faut nommer cette posture qui relève de l’idéologie : je l’appellerai le confinisme radical. Il consiste à considérer que la vie sociale doit être condamnée, même dans son expression minimaliste, au nom de la lutte contre le virus. 

Même là où l’épidémie semble contrôlée, les autorités misent encore sur la cloche de verre. Théoriquement, plus nous vaccinerons, plus les catégories à risque de la population seront immunisées, plus nous devrions pouvoir déconfiner. Il devrait y avoir un sentiment d’urgence en la matière. Il semble plutôt absent.  

Libertés

On sait pourtant, depuis la publication des avis de la Santé publique, qu’au sommet de l’État, tous ne croient pas aux vertus des mesures draconiennes. Des gens qualifiés divergent sur la situation. On aurait tort, ensuite, d’évacuer cette question du débat démocratique. 

Qu’on me comprenne bien : je ne dédramatise aucunement la pandémie. Des mesures sanitaires sont nécessaires, évidemment. Mais je crois légitime, aujourd’hui, de questionner le confinisme radical, qui n’est pas loin de virer à la névrose.