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Le juge n’hésite pas à parler d’une affaire de vol

Québec tente de récupérer 14 millions $ d’un fraudeur

Michael Caridi
Photo tirée de Facebook Michael Caridi, un Américain ex-dirigeant d’une compagnie de dérivés de cannabis, a vendu 3 millions de masques N95 au gouvernement québécois en mars dernier, qu’il n’a jamais livrés.

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Le juge ontarien chargé d’entendre la poursuite contre un homme d’affaires américain qui doit 14 millions $ au gouvernement québécois pour des masques N95 non livrés n’a pas hésité, hier, à parler carrément de vol dans cette histoire.

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« Les allégations contre vous sont très sérieuses. [Elles] sont à l’effet que vous avez volé beaucoup d’argent au plaignant », a souligné le juge Markus Koehnen de la Cour supérieure de l’Ontario, en s’adressant à Michael Caridi par vidéoconférence, alors que celui-ci tentait d’empêcher la divulgation de certains de ses actifs gelés par ordre du tribunal.

« Pour être franc [avec vous], a précisé le magistrat, il s’agit d’une affaire de fraude. »

Le gouvernement québécois poursuit Michael Caridi, un homme d’affaires déjà reconnu coupable de fraude dans le passé contre l’État de New York, pour un contrat non exécuté signé en toute hâte en mars dernier, en pleine pénurie mondiale de masques N95.

Québec n’a été en mesure jusqu’à maintenant que de récupérer 2 millions $ US sur le montant total de 13 millions $ US versé à Caridi.

Quelques lots de masques ont été livrés, mais il s’agissait de modèles non conformes.

Les procédures ont été intentées au nom du gouvernement par le Centre hospitalier universitaire de Québec, où les achats médicaux de la province ont été centralisés.

Éviter la Dilapidation de l’argent

Saisie de cette affaire, la Cour supérieure de l’Ontario a ordonné en décembre dernier le gel des actifs personnels de Caridi afin d’éviter la dilapidation de l’argent.

Rappelons que Caridi possède une luxueuse maison dans le Connecticut, dont l’adresse correspond à celle du compte bancaire où a été viré l’argent pour les masques par Québec, en mars dernier.

Hier, la cour devait prendre connaissance d’un rapport du séquestre nommé dans le dossier pour évaluer la situation financière de Caridi.

Toutefois, il faudra patienter avant d’en savoir plus, puisque la divulgation a été retardée jusqu’à la fin du mois de mars.

Devant le tribunal, Caridi, qui se représente lui-même, c’est-à-dire sans l’aide d’un avocat, a soutenu qu’il souhaitait régler ce cas et qu’il était même prêt à déposer l’argent dû au gouvernement québécois en fiducie.

Pas d’accord

Le juge Koehnen n’a pas retenu cette solution en lui suggérant plutôt de s’entendre directement avec Québec, s’il a vraiment l’intention de payer.

En outre, on a appris hier que Caridi a démissionné de son poste de dirigeant de Tree of Knowledge, une compagnie spécialisée dans les dérivés de cannabis, basée en Ontario.

Dans le contrat signé avec le CHU, Caridi indiquait agir au nom de cette compagnie.

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