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Santé mentale: encore beaucoup de tabous

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À quelque chose malheur est bon. Grâce à la COVID, la santé mentale a la cote.

Soudainement, il n’y a rien de honteux à « ne pas bien aller ». 

Or, un autre débat, celui sur l’aide médicale à mourir, révèle à quel point les tabous entourant la maladie mentale demeurent imposants.

Notre société a accepté qu’une personne souffrant de sclérose en plaques ou de SLA ait maintenant le droit de dire « c’est assez ».

La Cour suprême est précise : pour avoir droit à l’aide médicale à mourir, une personne doit souffrir de problèmes de santé graves et irrémédiables qui lui causent des souffrances persistantes qui lui sont intolérables.

Or pourquoi les patients qui souffrent de maladie mentale n’auraient pas le même droit ?

Cette question existentielle a incité le Sénat à forcer la main au gouvernement pour élargir l’aide médicale à mourir aux maladies mentales. 

Depuis, le délai de deux ans envisagé déchire les passions.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Quand ça ne va pas bien aller

C’est que le concept de souffrance « irrémédiable » fait peur en psychiatrie.  

L’Association canadienne pour la santé mentale affirme que face à la maladie mentale, il doit toujours y avoir l’espoir d’une rémission. 

Or pourquoi est-ce que les gens qui souffrent de maladie mentale devraient être des otages du mythe du « ça va bien aller » qu’on épargne aux autres patients ? 

Les souffrances physiques sont-elles vraiment plus légitimes que les souffrances psychologiques ? Sont-elles plus incurables ?

C’est loin d’être simple, j’en conviens.

Mais une chose est claire. Ça demeure moins honteux d’avoir la sclérose en plaques que d’être bipolaire, tout comme c’est plus facile de demander congé pour une migraine foudroyante que pour un gros coup de déprime.

Tant mieux si on parle ouvertement de santé mentale, mais convenons-en, il reste beaucoup de chemin à faire.