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Georges Vézina mérite sa bannière

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Photo Agence QMI, Roger Gagnon La biographie de Georges Vézina a demandé un travail de moine à son auteur, Mikaël Lalancette.

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Georges Vézina est décédé il y a près d’un siècle. Sa biographie, qui est disponible en librairie depuis la semaine dernière, a demandé un travail de moine à son auteur Mikaël Lalancette. Il lui a fallu remonter loin dans le temps pour rassembler les informations nécessaires à la rédaction de son livre.

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Vézina était né au 19e siècle, plus précisément en 1887 à Chicoutimi, d’où Lalancette est lui-même natif. Le journaliste s’expliquait mal qu’on ne connaissait pratiquement rien au sujet de Vézina.

Rien à part, bien sûr, que le trophée remis annuellement au meilleur gardien de la Ligue nationale de hockey porte son nom et qu’il en est de même pour l’amphithéâtre servant de domicile aux Saguenéens.

Encore là, le centre sportif fut rebaptisé en son honneur en 1965, soit 39 ans après sa mort.

Première vedette québécoise

Georges Vézina était bien plus que ça. Il fut la première vedette québécoise du hockey et le premier de la longue lignée des grands gardiens du Canadien. 

En plus d’être performant, il était d’une grande résistance. Il n’avait raté que sept minutes de jeu en 16 ans de carrière avec le Tricolore lorsqu’il contracta la tuberculose à l’automne 1925. 

Quatre mois après avoir disputé son dernier match devant le filet, il était emporté par la maladie.

Parmi les grands du Canadien

Le bouquin de Mikaël Lalancette ravive une question qui a fait l’objet de débats dans le passé.

Comment se fait-il qu’une bannière en l’honneur de Georges Vézina ne flotte pas dans les hauteurs du Centre Bell ?

Ça aurait pu être fait en même temps que le retrait du chandail numéro 1 en l’honneur de Jacques Plante, en 1995. Alors directeur général du Canadien, Serge Savard avait suggéré que le même hommage soit rendu à Vézina.

Hainsworth et Durnan

Or, deux autres gardiens, George Hainsworth et Bill Durnan, ont porté avec grande distinction le numéro 1 avec le Canadien.

Hainsworth devint le gardien titulaire de l’équipe lors de la saison (1926-1927) suivant le décès de Vézina. En 1928-1929, il inscrivit un record incroyable de 22 jeux blancs en 44 rencontres. 

Hainsworth contribua à la conquête de deux coupes Stanley durant ses huit saisons à Montréal, tout comme Vézina, ainsi que Durnan.

Hainsworth a remporté le trophée Vézina lors de ses trois premières années d’existence (1926-1927 à 1928-1929). Durnan l’a mérité six fois lors de ses sept saisons avec le Tricolore (1943-1944 à 1949-1950).

Difficile donc de ne pas honorer les trois, mais pourquoi pas ?

Le numéro 5 a été retiré pour Bernard Geoffrion et Guy Lapointe et le 16 pour Elmer Lach et Henri Richard. 

Toe Blake aussi

Un autre grand nom de l’histoire du Canadien mériterait que son dossard soit immortalisé. Il s’agit de Toe Blake, porteur du numéro 6 de 1935 à 1948.

Je surprends des gens lorsque je leur dis que Blake a été élu au Panthéon du hockey à titre de joueur et non de bâtisseur. 

Blake a été un fameux joueur avant de mener le Canadien à huit conquêtes de la coupe Stanley en 13 saisons derrière le banc.

Il était l’ailier gauche de la Punch Line aux côtés d’Elmer Lach et de Maurice Richard. Lors de la saison 1938-1939, il remporta le championnat des marqueurs de la LNH et le titre de joueur le plus utile à son équipe.

Mère francophone

Membre des éditions championnes de 1944 et 1946, il fait partie de la liste des 100 meilleurs joueurs de l’histoire de la LNH dévoilée à l’occasion du centenaire du circuit, en 2017.

Une biographie à titre posthume lui a été aussi dédiée l’an dernier. 

Intitulé Winning is everything, le livre est une réalisation de Paul Logothethis, journaliste sportif montréalais anciennement de l’agence Associated Press, qui a fait aussi de la collaboration avec le site de nouvelles The Guardian et la Deutsche Presse-Agentur.

Pour ceux qui l’ignoreraient, la mère de Blake était une Franco-Ontarienne qui s’appelait Arzélie Filion. Blake parlait lui-même français.

À mes premières années à la couverture du Canadien, j’étais assis entre Blake et l’impayable prof Caron sur la passerelle de presse du Forum.

Monsieur Blake, comme je l’appelais, parlait peu, tandis que le prof était un véritable moulin à paroles.

Comme dirait Mario Lemieux, c’était quelque chose !