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La PCU a fait pleuvoir beaucoup (trop) d’argent

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Photo AFP Justin Trudeau

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« La valeur des mesures de soutien mises en place pour répondre à la pandémie de COVID-19 est supérieure aux pertes de salaires et traitements et de revenus tirés du travail autonome. » Cette citation est tirée d’un rapport publié lundi par Statistique Canada. Le constat est clair : la PCU n’a pas seulement compensé des pertes de revenus, elle a fait pleuvoir l’argent.

Les chiffres compilés sont frappants. Seulement pour le deuxième trimestre de l’année, les ménages à revenu moyen qui se sont inscrits aux programmes du fédéral ont gagné 2500 $ de plus que leurs pertes de revenus. Parmi les ménages plus jeunes, le gain s’élève même à 3000 $. 

On comprend bien que la pandémie a mis une pression terrible sur les finances­­­ de plusieurs ménages. La PCU et les autres programmes devaient compenser les pertes et assurer­­­ le paiement des factures. Mais on ne devait pas sortir gagnant d’une tragédie. 

Les gens n’ont pas seulement vu leurs pertes compensées : ils ont fait de l’argent avec la pandémie. Je devrais dire qu’ils ont fait de l’argent avec la générosité et l’insouciance financière de Justin Trudeau. 

Venant de Statistique Canada, le constat est brutal. Mais il n’est pas exactement nouveau. Mon collègue Michel Girard était arrivé à la même conclusion à partir des données de l’Institut de la statistique du Québec. Dans un texte publié dans Le Journal, Michel avait associé à la générosité des programmes fédéraux l’inexplicable hausse de 14 % du revenu disponible des Québécois en année de pandémie.

Le fiscaliste Luc Godbout répète, lui aussi, que les programmes fédéraux ont versé des sommes nettement supérieures­­­ aux réelles pertes de revenu des Canadiens. Il n’est pas normal de s’enrichir avec des programmes gouvernementaux, encore moins lorsqu’il­­­ s’agit à 100 % d’argent emprunté. Il y aura des conséquences­­­.

Conséquences économiques

Le versement de sommes démesurées à partir d’argent emprunté (comme si la Banque du Canada avait imprimé des dollars) finit par créer de l’inflation. On ne peut pas pomper artificiellement­­­ autant d’argent dans le système. Or l’inflation nuit à l’économie, menace les retraités, pousse les taux d’intérêt à la hausse. Des effets indésirables.

Conséquences générationnelles

Tout a été financé par de l’endettement. Les prochaines générations paieront pendant des décennies le capital et les intérêts sur ces dettes. Pour l’aide absolument nécessaire, on pourra expliquer à nos enfants que le monde traversait une crise sans précédent. Mais comment justifier qu’avec de l’argent emprunté on ait été aussi généreux ?

Conséquences sociales

C’est sans doute le pire. Nos jeunes ont vu qu’il vaut mieux se fier aux chèques du gouvernement que de travailler. Cet été, beaucoup de jeunes qui ont choisi de travailler ont fini avec moins d’argent que ceux qui ont empoché les programmes de Justin Trudeau.

Les travailleurs autonomes qui n’avaient pas droit à la PCU et qui l’ont demandée quand même viennent d’obtenir l’absolution : on leur laisse l’argent.

Le message envoyé est terrible : j’appelle cela corrompre une génération­­­.