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Medicago s’inquiète du protectionnisme américain

La pharmaceutique de Québec dépend des États-Unis pour nous approvisionner

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Incapable de fabriquer ses vaccins au Québec avant 2024, la pharmaceutique Medicago n’aura d’autre choix que de les importer en vrac des États-Unis, en espérant que l’administration Biden ne lui mettra pas des bâtons dans les roues.

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« Notre produit sera exporté au pays à l’état de vrac, car les étapes de remplissage et d’emballage auront lieu au Canada. Cela représenterait un obstacle pour le gouvernement américain », indique Medicago au Journal.

Le PDG de Medicago, Takashi Nagao, a clairement manifesté son inquiétude en comité parlementaire la semaine dernière, à Ottawa. « Nous devons nous assurer que nous ne sommes pas handicapés par le nationalisme vaccinal », a-t-il insisté.

Medicago bénéficie de 173 millions $ du fédéral et de 7 millions de Québec pour développer son vaccin et construire une usine au pays.

Bien que les tests cliniques pour démontrer l’efficacité du produit doivent être complétés cet été, l’usine pour le fabriquer à Québec, dans le secteur D’Estimauville, ne sera pas opérationnelle avant 2024.

Elle est donc loin de pouvoir extraire le Canada de sa dépendance aux importations.

Les Américains d’abord

Après dix jours de correspondance avec Le Journal, la pharmaceutique a finalement admis être dépendante de son usine en Caroline du Nord pour fabriquer les 76 millions de doses qu’elle s’est engagée à livrer au Canada cette année et l’an prochain.

Medicago a construit cette usine avec le soutien de l’armée américaine, qui y a investi 21 millions $.

L’entreprise est donc exposée au Defense Production Act (DPA), une loi fédérale américaine invoquée par Donald Trump et maintenant par Joe Biden pour empêcher les exportations de vaccins avant que les citoyens américains aient tous été inoculés.

Approvisionnement visé

Interrogée par Le Journal, Medicago a indiqué que le risque que le DPA l’affecte est « minime ». Mais il n’en demeure pas moins réel.

En plus des barrières à l’exportation, le DPA permet à Washington de réorienter les chaînes d’approvisionnement pour donner à certaines entreprises la priorité sur les matières premières et l’équipement, ce qui peut nuire aux autres, comme Medicago.

Le mois dernier, l’administration Biden s’est servie de cet outil pour pousser Pfizer et Moderna à augmenter leur production. 

Les deux compagnies ne pourront rien exporter des États-Unis avant d’avoir fourni chacune 300 millions de doses aux États-Unis. 

Petite histoire de Medicago  

Bien que née à Sainte-Foy, Medicago appartient entièrement à des compagnies étrangères : la japonaise Mitsubishi Tanabe et le géant du tabac Philip Morris International

1999

Constitution de la société Medicago après l’obtention d’une licence sur une technologie de l’Université Laval et d’Agriculture Canada

2009

Mise au point d’un candidat vaccin contre la grippe H1N1 en moins d’un mois

2011

Création de Medicago USA et ouverture d’une usine à Durham, en Caroline du Nord

2012

Test de production rapide pour produire 10 millions de doses de vaccin contre la H1N1 en un mois, aux États-Unis, en collaboration avec la Defense Advanced Research Projects Agency 

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