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Bergevin tient à atteindre ses objectifs

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Photo capture d’Écran TVA Sports Le directeur général du Canadien Marc Bergevin a mis la barre haut en début de saison.

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Les circonstances entourant le congédiement de Stéphane Waite sont particulières. Marc Bergevin l’a informé de sa décision pendant le deuxième entracte du match qui opposait son équipe aux Sénateurs d’Ottawa, mardi soir.

Autre particularité : Waite s’est vu montrer la porte en pleine saison. Il s’agit d’une première pour un entraîneur des gardiens dans l’histoire du Canadien.

Est-ce que ça pressait tant que ça ?

Cet épisode est une copie conforme du licenciement de Claude Julien survenu la semaine dernière. Bergevin l’aurait fort probablement remercié de ses services si la saison s’était arrêtée avec le début de la pandémie, l’an dernier.

Mais le sort a voulu que son équipe profite de la deuxième chance qui lui était offerte de se qualifier pour les séries, lors de la reprise des activités pendant la saison estivale.

Cela a permis à Julien d’acheter du temps.

Ce fut la même chose pour Waite. 

On aurait mal vu Bergevin congédier Waite, alors que Price avait fait des prodiges dans la bulle de Toronto.

Aucune ambiguïté

Les décisions qu’il a prises au cours de la dernière semaine s’inscrivent dans le mandat qu’il s’est donné cette année. Bergevin a mis la barre haut et il tient à tout prix à voir son équipe répondre aux attentes élevées qu’il attend d’elle. 

Comme je l’ai écrit la semaine dernière, il joue son poste. Son avenir est en bonne partie entre les mains de Carey Price en qui il dit toujours avoir confiance.

Je prends la parole de Bergevin lorsqu’il affirme ne pas avoir consulté son gardien avant de remplacer Waite par Sean Burke. Comme il le dit, ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent.

Car si le directeur général d’une équipe se sent obligé de sonder l’opinion d’un joueur pour procéder à un changement d’un entraîneur adjoint, il est bien mal pris.

Aussi bien céder sa place.

Des questions pour Burke

Bergevin s’est montré transparent, d’ailleurs, quand je lui ai demandé s’il avait fait appel à l’expertise de Burke pour évaluer le jeu de Price, avant de licencier Waite.

« Je lui ai posé des questions, a-t-il avoué.

« Les choses flagrantes [les faiblesses chez un gardien], on les voit tous. Mais c’est autre chose pour les détails. »

Comme pour les lanceurs au baseball, il faut avoir été gardien pour savoir comment jouer à cette position et apprendre à connaître leur état d’esprit.

Or, la plupart des gens de hockey vous diront qu’ils n’y connaissent pas grand-chose dans l’art de garder les buts.

Demandez au coach des gardiens !

Chez le Canadien, Jacques Plante fut le premier entraîneur des gardiens, lors de la saison 1983-1984. Plante avait travaillé auparavant avec les Flyers de Philadelphie et les Blues de Saint Louis avec qui il était retourné après son séjour à Montréal.

Mais le poste était encore relativement nouveau. La plupart des équipes ne voyaient pas la nécessité d’avoir un entraîneur pour leurs gardiens.  

Jacques Lemaire, qui avait succédé à Bob Berry dans les dernières semaines de ladite saison mentionnée plus haut, ne permettait à Plante d’aller sur la glace qu’après les séances d’entraînement.

Quand on le questionnait au sujet de Richard Sévigny, Rick Wamsley ou Steve Penney, qui fut rappelé de la Ligue américaine tard dans la saison, il nous référait à Plante.

« Les gardiens, je ne connais pas ça, disait-il toujours en riant.

« Posez vos questions à Jacques Plante. »

Et ça a continué ainsi avec François Allaire, puis son frère Benoit, ainsi qu’avec Roland Melanson. Lorsque les journalistes voulaient savoir des choses au sujet des gardiens, ce sont eux qu’ils allaient voir.

Les temps ont bien changé à cet égard, mais ça, c’est un autre débat.

Aujourd’hui, plus que jamais, Bergevin doit espérer que Burke puisse remettre la carrière de Price sur les rails. C’est son joueur de concession, celui autour de qui il a choisi de bâtir son équipe.

Car sans Price, point de salut ! 

Price restera-t-il plus debout ?

Carey Price a un point en commun avec son nouveau gourou. Sean Burke était un des très rares gardiens qui mesuraient six pieds quatre pouces à l’époque où il jouait. Il pesait autour de 210 livres. Price fait pour sa part six pieds trois pouces et 220 livres.

Comme bien des gens de hockey, loin de moi l’idée de me prétendre un expert en gardiens de but.

Mais comme tout le monde, je remarque que Price est continuellement sur les genoux.

Qu’est-ce que les joueurs adverses font alors ?

Ils tirent dans le haut du filet.

Me semble qu’avec l’espace que Price peut protéger devant le filet, il devrait rester debout plus souvent.

Êtes-vous d’accord ?

J’ai hâte de voir si Burke changera quelque chose dans le positionnement de Price.

Waite reviendra

Mon questionnement n’est pas un désaveu à l’endroit de Stéphane Waite. 

Au contraire, Price a connu ses meilleurs moments avec le Canadien sous la supervision de Waite, qui doit bien se demander d’ailleurs ce qui vient de le frapper.

Waite figure parmi les meilleurs de son métier. Il a aidé les Blackhawks de Chicago à remporter la coupe Stanley avec deux gardiens différents, la première avec Antti Niemi en 2010 et la deuxième avec Corey Crawford en 2013.

Il ne devrait pas rester en chômage longtemps.

Waite est un homme bien. Il ne mérite pas ce qui lui arrive, mais les lois du sport sont implacables.

Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, des têtes roulent.

C’est bête comme ça.