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Sous Legault, le Québec inc. perd du poids dans l’actif de la Caisse

Quebec, Assemblee nationale
Photo d'archives, Stevens LeBlanc C’est en 2013, sous le gouvernement Marois, que le Québec a affiché sa plus forte présence au sein de l’actif net du portefeuille de la CDPQ.

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Lors des deux dernières années sous le gouvernement de François Legault, le Québec inc. a perdu du poids dans le gigantesque portefeuille de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). 

L’actif que la Caisse détient dans le secteur privé québécois (surnommé Québec inc.) représente actuellement 13,7 % de l’actif net de la Caisse au 31 décembre 2020.

Lors de la dernière année du précédent gouvernement libéral de Philippe Couillard, soit 2018, le poids du Québec inc. dans l’actif de la Caisse s’élevait à 14,3 %.

Mais par rapport à la dernière année complète (2013) sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois, il y a une méchante marge.

En 2013, le poids du Québec inc. atteignait 16,24 % de l’actif net de la Caisse, soit 2,5 points de pourcentage de plus que sous l’actuel gouvernement caquiste.

Si j’étais à la place de François Legault, je ressentirais une certaine frustration devant la forte diminution du poids du Québec inc. dans l’actif de la Caisse.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

Legault vs Marois

Il faut savoir que le 7 décembre 2012, alors qu’il était chef du deuxième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, François Legault avait interpellé Pauline Marois sur la place que la Caisse faisait aux entreprises québécoises dans le portefeuille de la Caisse. Voici l’extrait tiré du Journal des débats :

« M. Legault : M. le Président, actuellement la Caisse de dépôt, sur un actif de 160 milliards (au 31 décembre 2011), a seulement 14 % de ses actifs dans les entreprises québécoises. Je voudrais savoir de la part de la première ministre : est-ce qu’elle a un objectif en termes de pourcentage d’investissement dans les entreprises québécoises, ou si elle n’a aucune maudite idée ? »

Réplique de Mme Marois : « Alors, je veux rassurer le chef du deuxième groupe d’opposition : nous ne reculons pas sur les convictions que nous avons quant à l’importance pour la Caisse de dépôt de pouvoir investir dans l’économie québécoise. Je dois vous dire que j’ai déjà eu un échange avec le chef de direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et il a convenu avec moi que cela faisait partie de sa mission. »

Il faut croire que l’échange entre Pauline Marois et le PDG de la Caisse à l’époque, Michael Sabia, avait porté ses fruits puisqu’en 2013 le poids du Québec inc. dans l’actif de la Caisse avait grimpé à 16,24 %, en hausse de deux points de pourcentage par rapport à l’exercice financier de 2011 de la Caisse.

Pire encore... 

C’est d’ailleurs en 2013, sous l’ancien gouvernement Marois, que le Québec affichait sa plus forte présence au sein de l’actif net du portefeuille de la Caisse. La totalité des placements québécois, secteurs public et privé compris (obligations gouvernementales, immobilier, actions, placements privés), comptait pour 26,9 % de l’actif total de la Caisse de dépôt et placement.

Sur un actif net de la Caisse de 200 milliards de dollars, les placements québécois se chiffraient à 53,6 milliards $, soit 32,5 milliards $ dans le secteur privé, et 21,3 milliards $ dans le public québécois.

Aujourd’hui, les placements québécois se chiffrent à 68 milliards $ (soit 50 milliards $ dans le privé et 18 milliards $ dans le public), sur un actif net de 365 milliards $.

Le poids du Québec équivaut maintenant à « seulement » 18,6 % de l’ensemble du portefeuille de la Caisse, soit 8,3 points de pourcentage de moins qu’en 2013.

En termes de dollars, François Legault pourra toujours se défendre en disant que l’actif québécois a augmenté de 26,9 % depuis 2013. Le hic ? C’est fort peu à comparer à la croissance de 82,5 % de l’actif de la Caisse durant la même période.