/opinion/columnists
Navigation

Voici pourquoi François Legault est populaire

Quebec
Photo Stevens LeBlanc François Legault rejoint les sentiments profonds des Québécois.

Coup d'oeil sur cet article

Ils sont nombreux, chez les commentateurs, à se questionner sur la popularité de François Legault. Pourquoi les Québécois continuent-ils de lui faire confiance, alors que le bilan de la pandémie est mitigé ? 

Il existe une telle chose que la sagesse populaire. L’homme ordinaire n’est pas occupé à théoriser sur la politique à temps plein, mais comprend une chose simple : dans une crise comme celle que nous traversons, François Legault fait ce qu’il peut. Il ne fait pas que des bons coups, mais cherche à protéger sa population. D’ailleurs, la population blâme davantage un système bureaucratique que le premier ministre pour les ratés de la crise. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Protecteur

Le commun des mortels ne s’empêche pas de critiquer certaines mesures jugées excessives. Mais il ne doute pas de la bonne foi du premier ministre qui a pris la pose du bon père de famille. Reste à voir ce qu’ils en penseront après coup.

Mais le secret de la popularité de François Legault se trouve ailleurs. La politique n’est pas qu’une technique de gestion de la COVID-19. C’est parce que l’électorat réagit aussi à d’autres préoccupations que la popularité du premier ministre demeure élevée. 

L’arrivée de la CAQ au pouvoir, en 2018, a mis fin au régime libéral qui méprisait ouvertement les Québécois francophones et qui ne se maintenait qu’à cause de leurs divisions entre plusieurs partis nationalistes. 

Ce n’est pas sans raison que les Québécois francophones font bloc derrière la CAQ aujourd’hui. Au-delà de leurs divergences, ils y voient un vecteur d’affirmation nationale.  

La CAQ, ne l’oublions pas, a, dès ses premiers mois au pouvoir, voté la loi 21. Elle concrétisait ainsi un désir de réaffirmation identitaire qui traversait le Québec depuis le milieu des années 2000. 

Au-delà de la laïcité, François Legault a aussi défendu des positions qui ne sont pas à la mode dans l’élite médiatico-universitaire, mais qui rejoignent les préférences populaires. 

On se souvient qu’il a su rompre, au moins dans le discours, avec l’exigence du toujours plus en immigration, en rappelant que le Québec avait le droit de baisser ses seuils tout en rappelant que le français était en danger chez nous.

Aussi, depuis un an, François Legault a tenu tête à la campagne de harcèlement médiatique visant à nous soumettre à l’insensée théorie du racisme systémique.

De même, il s’est porté à la défense de la liberté d’expression, assaillie par la gauche woke. 

Nationalisme

Hélas, chez François Legault, les paroles sont souvent plus fortes que les gestes. Et plus les mois passent, plus la distance entre les deux s’agrandit. 

Chose certaine, à travers leur histoire, les Québécois ont demandé à ceux qui ont occupé la fonction de premier ministre du Québec, le seul État majoritairement francophone d’Amérique du Nord, de les défendre collectivement. 

C’est peut-être parce que François Legault a su, jusqu’à présent, incarner ce rôle qu’il s’est maintenu dans la pandémie, et rêve même, comme il le confiait récemment en entrevue, d’un... troisième mandat.