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Où nous mènera le passeport vaccinal?

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À propos du passeport vaccinal, le ministre de la Santé, Christian Dubé a déclaré avec légèreté : « C’est évident qu’il faut le faire. Pour moi, un passeport vaccinal digital, c’est tout à fait normal. »

Depuis, de nombreuses voix ont exprimé leur opposition. Et avec raison ! Car, subordonner la mobilité des citoyens, voire éventuellement leur vie professionnelle, à une attestation médicale numérique n’a absolument rien de banal.

Futile

La nature discriminatoire du passeport a été dénoncée. Cet argument est légitime, mais futile.

L’État discrimine constamment. Les citoyens des zones rouges n’ont pas les mêmes droits que ceux des autres zones. Un célibataire paye plus d’impôts qu’une famille, même à revenus identiques, et même s’il consomme moins de services gouvernementaux. Les exemples sont nombreux. Pourtant, personne ne s’élève contre cette discrimination. En faire un argument contre le passeport vaccinal devient donc boiteux. Il faut élever le débat !

Philosophie

L’apartheid sanitaire présente un enjeu sociétal, sinon civilisationnel. Il faut donc une réflexion essentiellement philosophique sur le virage proposé, sur le rapport de l’individu à l’État et à sa citoyenneté. Il faut s’interroger sur le concept même d’un État qui s’arroge le pouvoir de priver ses citoyens de leurs droits en fonction de leur statut médical. 

Est-ce le genre de société que nous voulons ? Car, si on permet à l’État d’exercer ce genre de pouvoir, où cela nous mènera-t-il ? Pavons-nous la voie à une surveillance sanitaire généralisée ? Risquons-nous de basculer dans un sani-reich où une pléthore d’indicateurs médicaux délimitera arbitrairement notre périmètre de liberté ?

Rappelons-nous que l’impôt sur le revenu était une mesure « temporaire » introduite en 1917 pour financer la guerre. Nous connaissons la suite. 

Au regard de l’histoire, le principe de précaution s’impose en ce qui concerne le passeport. Car, s’il apparaît maintenant comme le passeport pour la liberté, comment s’assurer qu’il ne deviendra pas un passeport pour l’enfer ?