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Réouverture des restaurants: préparez-vous à «jouer à la police»

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on refuse des clients de zones rouges quotidiennement

Jérémie Vallée
Photo Agence QMI, Roger Gagnon Le directeur du restaurant Le Légendaire, annexé à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi, doit quotidiennement renvoyer des résidents de zones rouges qui se présentent au restaurant. « C’est beaucoup de gestion », dit Jérémie Vallée.

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Les restaurateurs des régions de Québec et Chaudière-Appalaches devront vraisemblablement «jouer à la police» en refusant quotidiennement des clients provenant de zones rouges, selon ce qu’affirment leurs homologues de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

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Ouverts depuis le 8 février, lorsqu’ils ont basculé en zone orange, ces derniers admettent avoir été surpris de devoir refuser autant de clients provenant de zones rouges avoisinantes, dont Québec.

Dès le 8 mars, les restaurateurs de Québec et Lévis devront vérifier le lieu de résidence de leurs clients avant de les assigner à une table, en plus de tenir un registre.

«Ils essaient jusqu’au bout»

Au restaurant Le Légendaire, annexé à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi, le directeur Jérémie Vallée doit renvoyer des clients résidents de zones rouges, tous les jours.

Samedi soir seulement, il affirme en avoir refusé une quarantaine. «Il faut être très vigilants. La moindre interrogation [de la part du personnel] et les clients essaient de s’infiltrer. Et, ils essaient jusqu’au bout, mais nous sommes très fermes», affirme M. Vallée.

Le restaurateur conseille même à ses collègues des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, de bien afficher les consignes concernant les zones, à l’entrée de leur établissement.

«J’ai même fait des feuilles explicatives avec les zones et les codes postaux, pour aider le personnel à l’accueil», dit-il.

Une réalité partagée par Anaïs Coulombe-Carrier, gérante du restaurant La Cuisine de Chicoutimi. «Nous en refusons énormément qui viennent de zones rouges. Ça peut être dur sur le moral de faire la police pour certains restaurateurs. On dirait que les gens sont au courant, mais ils s’essaient», dit-elle. «Heureusement, ils sont très compréhensifs», ajoute-t-elle.

«Nous avons eu beaucoup de gens de Québec, ils s’essayaient et étaient déçus de ne pas pouvoir venir. Nous avons aussi beaucoup de gens qui travaillent sur la route, qui habitent en zone rouge. On leur dit que nous sommes désolés, mais la loi c’est la loi et nous ne pouvons pas risquer d’avoir une amende», mentionne pour sa part, Savanh Inthavongs, copropriétaire du restaurant Pacini, de Chicoutimi.

Les policiers sont aussi plus présents dans les restaurants, confient les propriétaires d’établissements. «Ils viennent faire leur tour, ils regardent les registres, vérifient la distanciation et si les gens portent le masque en allant aux toilettes par exemple», mentionne M. Inthavongs.

  • Écoutez la chronique de Gilles Proulx au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

Cuisiniers demandés

Par ailleurs, près d’un mois après leur réouverture, plusieurs restaurateurs de Saguenay affirment ne pas encore être en mesure d’opérer au maximum de sa capacité, en raison du manque criant de personnel, notamment de cuisiniers.

Certains restaurateurs ont ainsi été contraints de fermer en début de semaine, alors que d’autres n’offrent plus de déjeuners, pour ne pas «faire sauter» le nombre d’heures de travail de leurs employés.

«Pour mieux fonctionner, j’aurais besoin d’au moins trois cuisiniers», affirme Patricia Delisle, propriétaire du restaurant Roberto de Chicoutimi, qui doit fermer son restaurant à 14 h les lundis, mardis et mercredis faute de main-d’œuvre.

Le son de cloche est le même à l’Entre-Côte Riverin, où le menu a été restreint, par manque de cuisinier. «Ce n’est pas facile pour les employés et certains sont retournés à l’école ou se sont réorientés», dit la gérante Marjorie Tremblay.

Manque de bière

Même si le réapprovisionnement en nourriture s’est «bien déroulé» pour la plupart des restaurateurs de Saguenay, certains ont eu de la difficulté à obtenir des barils de bière en fût dans les premières semaines d’ouverture.

«Les fournisseurs n’avaient pas commencé la production quand nous avons rouvert», mentionne Mme Delisle.

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