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Quel bonheur de se faire vacciner contre ce virus!

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Photo courtoisie Le vaccin donne des ailes que nous avions paralysées.

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Mercredi matin, je me suis réveillée aux aurores, trop excitée à l’idée de recevoir enfin « LE » vaccin. J’ai donc mis ma patience, qui est courte, à rude épreuve et à 8 h 20 j’ai quitté la maison en compagnie de mon Anglais pour le Palais des congrès où nous avions un rendez-vous fixé à 9 h 15.

L’accueil était plus que sympathique de la part des personnes à l’évidence heureuses pour les visiteurs masqués. Aucune attente et une montée rapide vers la salle immense où en temps d’avant la pandémie il m’était arrivé de prononcer des conférences.

J’étais renversée de découvrir l’atmosphère à la fois professionnelle et quasi enjouée qui y régnait. Je n’en croyais pas mes yeux devant cette organisation qui fonctionnait sans anicroche ayant à l’esprit les interminables queues du Stade olympique.

La jeune infirmière qui m’a vaccinée semblait aussi partager mon bonheur évident. Elle s’est révélée la reine des piqûres puisque je n’ai rien senti lorsque le vaccin Pfizer-BioNTech a pénétré mon bras. 

Efficacité

Et c’est alors que plusieurs vaccinés rayonnants m’ont interpellée. Ils s’émerveillaient tous de l’efficacité de cette grand-messe sanitaire et de tous ceux qui y contribuaient, des gardes de sécurité à tous les intervenants présents. Certains étaient même extatiques.

Depuis des mois, nous sommes bombardés par des images déprimantes de malades entubés. Aucune critique plus ou moins acerbe ou plus ou moins justifiée ne nous a été épargnée.

Recevoir le vaccin nous donne le sentiment de quitter les frontières du désespoir pour accéder à la lumière encore tamisée d’un avenir possible ressemblant au temps où nous étions des humains. Au temps où sans masque nous décodions l’interlocuteur, où nous avions des contacts physiques et où nous pouvions être méfiants des autres, mais aussi attirés par eux.

Ce vaccin nous fait physiquement retrouver une liberté perdue à cause du confinement. « On fait tout notre possible pour être attentifs aux personnes et pour les aider », m’a dit Richard Marchand, un responsable, lui-même de toute évidence heureux de participer à cette énorme organisation au Palais des congrès.

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Compétence

En comparant ce que j’ai expérimenté mercredi matin, où j’ai reçu le vaccin avant même l’heure qui m’a été attribuée, ce qui a inclus l’attente avec tous les citoyens qui m’entouraient, pour réserver ensuite le rendez-vous de la deuxième dose, j’ai conclu que les organisateurs du Palais des congrès faisaient preuve d’une compétence remarquable. C’est là la preuve que le gouvernement est toujours à la merci de ceux qui exécutent ses directives à travers le Québec.

Nous sommes tous exténués par les mauvaises nouvelles, par le ressentiment et la hargne des porteurs de désespérance. Ne faut-il pas enfin faire l’éloge de ce véritable et exceptionnel exploit scientifique qui a permis aux spécialistes de la terre entière de défier ce virus terrifiant en créant un vaccin en moins d’un an ?

Le dernier mot revient à madame Sophie, préposée au parking du Palais des congrès. Je lui ai tendu mon billet de sortie gratuite pour les vaccinés. « Je suis contente. Tout le monde est inquiet en arrivant et tout le monde est heureux en sortant d’ici », m’a-t-elle lancé quand je lui ai dit en partant combien j’étais heureuse.