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Violence conjugale: de belles paroles, mais peu d’actions, déplore l’opposition

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Le premier ministre François Legault n’a pas rempli son engagement de régler rapidement le financement des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violences conjugales, estime la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.

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En novembre dernier, la députée s’était levée au Salon bleu pour demander au premier ministre François Legault pourquoi ces maisons n’avaient toujours pas vu la couleur des 120 M$ sur cinq ans annoncés dans son budget de mars 2020.

«C’est effectivement une cause qui nous touche beaucoup. Trop souvent, on entend des exemples de femmes qui ont été battues par leur mari, qui se sentent démunies, qui ont besoin de voir quelqu’un», avait-il dit avant d’ajouter que «pour ce qui est de [lui], là, ça devrait être déjà fait».

Mais quatre mois plus tard, à peine 5,5 M$ sur les 24 qui devaient être déboursés d’urgence cette année se sont finalement rendus sur le terrain, a rapporté l’Agence QMI, vendredi. Selon la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes, le financement serait toujours bloqué au niveau des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et chez leurs pendants universitaires (CIUSSS).

«C’est hors de ma compréhension, a ainsi déploré Manon Massé, vendredi, en entrevue. Dans le cas qui nous occupe, M. Legault n’a pas mis en branle ce qu’il m’a répondu qu’il ferait.»

Selon elle, la lenteur du système de la Santé à distribuer ces sommes aura finalement coûté des vies. Depuis le début de février, cinq femmes ont été tuées au Québec dans un contexte de violence conjugale ou après avoir demandé l’aide de la police.

«On est comme dans une course contre la montre et on est en train de la perdre», a lâché Manon Massé.

De beaux discours, des annonces, des séances photos, mais peu d’actions sur le terrain, résume de son côté la porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de condition féminine, Isabelle Melançon.

Sauf qu’il y a urgence d’agir dans le contexte du confinement, dit-elle.

«Tout le monde disait que c’était une bombe à retardement, a-t-elle rappelé. Ça allait amener de la violence puisque malheureusement des femmes n’ont plus l’exutoire qu’elles avaient, d’aller au travail, de sortir de la maison, pour se diriger vers une ressource.»

L’an dernier, les maisons d’hébergement ont dû refuser environ 10 000 demandes de femmes violentées à la recherche d’un refuge temporaire. Elles fonctionnent présentement à 97% de leurs capacités.

Isabelle Melançon s’adresse donc à la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest.

«Il faut que ça devienne une affaire gouvernementale, mais la personne qui doit prendre le bâton, c’est Isabelle Charest. Elle doit donner une voix à ces femmes qui n’en ont pas», a-t-elle expliqué.