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Entraide et solidarité en Abitibi

Dre Lyse Landry et Dre Omobola Sobanjo ont oeuvré comme directrice régionale de santé publique en Abitibi-Témiscamingue.

Dr Omobola Sobanjo
Photo courtoisie La médecin-conseil Dre Omobola Sobanjo souriante lors de son anniversaire en septembre dernier.

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Deux têtes valent mieux qu’une, dit le dicton. C’est un duo qui a dû se partager la gestion de la crise sanitaire en Abitibi-Témiscamingue, une région qui figure parmi celles dénombrant le moins de cas de COVID-19 et de décès au Québec depuis le début de la pandémie.

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Le départ précipité - mais temporaire - en congé de maladie de la directrice de santé publique Lyse Landry, en début de crise sanitaire, aura permis aux Abitibiens de faire la connaissance de la Dre Omobola Sobanjo.

Venue à Rouyn-Noranda pour un stage en santé publique en 2015, la Nigériane d’origine, et francophile, y est restée comme médecin-conseil.

Elle a ainsi assuré l’intérim pendant les trois premiers mois de la pandémie, alors que Dre Landry devait subir une importante intervention au cœur.

MOMENT DIFFICILE

Un coup dur pour la médecin de 66 ans, qui s’inquiétait pour ses collègues alors qu’ils ont dû affronter leur première éclosion dans une RPA [résidence privée pour aînés] et un premier décès au moment de son départ.

En plus de faire de la raquette ou du ski, la Dre Lyse Landry fait régulièrement des marches avec son chien Porto.
Photo courtoisie
En plus de faire de la raquette ou du ski, la Dre Lyse Landry fait régulièrement des marches avec son chien Porto.

« Ça m’inquiétait de laisser l’équipe. J’avais confiance en eux, mais je me sentais mal de les laisser tomber », se rappelle Lyse Landry, qui se porte d’ailleurs à merveille huit mois plus tard.

PARTENARIAT GAGNANT

« Si je résume l’année en un mot : partenariat », lance d’emblée la Dre Sobanjo.

La Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue a vite mis en place un réseau de comités comprenant les élus, les écoles, la population et les sept communautés autochtones, entre autres, afin d’intervenir rapidement.

« Notre marque de commerce, c’est la gestion serrée des cas et des contacts, un dépistage rapide et, donc, des résultats rapides », s’enorgueillit la Dre Landry.

Cela semble avoir porté ses fruits : l’Abitibi-Témiscamingue, qui a été zone rouge seulement trois semaines cette année, durant les Fêtes, dénombrait cette semaine, 857 cas et sept décès ; ce qui la place dans le peloton de tête des régions les moins affectées par la COVID-19.

UNE BONNE DÉCISION

L’une de leurs meilleures décisions, prises au départ, a été de former plusieurs personnes prêtes à agir pour réaliser les enquêtes épidémiologiques qui ont toutes été complétées, selon Lyse Landry.

« Quand on a eu notre pic dans la période du jour de l’An, on avait une quarantaine de cas par jour. Heureusement qu’on avait prévu le coup avec la formation d’enquêteurs. Un moment donné, il y avait 600 personnes minimum en isolement. Ces gens-là étaient appelés régulièrement, c’est beaucoup de travail », soutient-elle.

ZOOM À LA RESCOUSSE

Comme plusieurs Québécois, la pandémie a séparé les deux femmes de leurs proches qui sont éparpillés au Québec pour la Dre Landry et en Ontario pour la Dre Sobanjo.

« De ne pas pouvoir voir mes petits-enfants, ç’a été difficile. Une chance qu’on a Zoom ! » confie Lyse Landry. Celle-ci sortait aussi souvent faire de longues promenades avec son « toutou » Porto, un chien d’eau portugais.

« J’ai pas de chien ! » lance sa consœur en riant. D’ailleurs, celle qui n’aurait jamais pensé courir l’hiver parce qu’il fait trop « frette » a dû se résigner.

« Je fais mon jogging, même en hiver, alors que je ne le faisais pas avant. J’ai même couru à -20 [degrés] ! Je me suis équipée et je cours avec mes crampons tôt le matin », raconte celle qui s’ennuie beaucoup de ses proches qu’elle avait l’habitude de visiter tous les trois ou quatre mois.

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