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La mémoire du ministre Dubé lui joue des tours

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : notre Bureau d’enquête, basé à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialise dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, nos journalistes et recherchistes vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'ÉNONCÉ 

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué, le 25 février, vouloir offrir aux Québécois une preuve vaccinale relativement à la COVID-19, leur permettant ainsi d’accomplir certaines activités, comme prendre l’avion. 

« Je vais vous faire un parallèle avec H1N1 [une souche grippale ayant causé une pandémie en 2009-2010]. Lorsqu’on voulait avoir un droit de passage dans un avion, à ce moment-là, on se faisait imprimer un papier, une copie, et on avait une preuve de vaccination et on pouvait s’en servir pour prendre un vol. »

LES FAITS

Nous avons parcouru plus d’une centaine d’articles de nouvelles faisant référence à la grippe A H1N1 de 2009-2010. Or, nous n’avons trouvé aucune circonstance où les autorités d’un pays ou d’une compagnie aérienne ont exigé une preuve de vaccination contre ce virus pour prendre l’avion. Nous nous sommes alors tournés vers le cabinet de M. Dubé pour savoir à quel contexte précis le ministre voulait faire référence dans sa conférence de presse. Son équipe a cependant refusé de répondre, nous dirigeant plutôt vers le ministère de la Santé, qui n’avait toutefois rien de plus concret à nous offrir.

– Pascal Dugas Bourdon 

Le chiffre de la semaine : 59 % 

Il s’agit du taux d’occupation des civières à l’urgence au Québec du 1er au 25 avril 2020, soit pendant la première vague de la pandémie. Il s’agit du taux le plus bas enregistré en quatre ans.

Selon les chiffres dévoilés par le ministère de la Santé en réponse à une demande d’accès à l’information, le taux d’occupation moyen des civières par année a varié de 100 % à 110 % entre 2017-2018 et le début de 2020. 

Ensuite, à partir de mars, la pandémie a fait diminuer les visites à l’urgence. Tous ont été invités à rester à la maison, ce qui a réduit les blessures, et donc possiblement le nombre de consultations. 

Le ministère ajoute que cette baisse peut aussi être attribuable au délestage des activités non essentielles dans le réseau (ce qui libère plus rapidement des lits), à la mise en place de cliniques désignées pour la COVID-19, et à l’augmentation de la téléconsultation.

– Sarah Daoust-Braun