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L'exil dans l’ouest

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Photo d'archives, Toma Iczkovits

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La championne québécoise Laurence Vincent Lapointe devrait être au chaud en Floride à cette période de l’année, mais comme plus rien ne tient en cette ère de pandémie de COVID-19, c’est dans un décor hivernal, en Colombie-Britannique, que la canoéiste s’entraîne en vue des Jeux de Tokyo.  

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À 28 ans, l’athlète originaire de Trois-Rivières, qui compte 13 titres mondiaux, doit faire ses débuts olympiques en même temps que les épreuves féminines de sa discipline aux prochains Jeux d’été. Malgré une préparation chamboulée, Laurence Vincent Lapointe regorge de confiance.  

« Avec mes performances du passé, je sais que je suis capable d’aller chercher cette médaille [olympique], mais c’est surtout avec mon expérience que ça peut jouer dans la préparation », explique celle qui travaille étroitement avec le spécialiste en préparation mentale Jean-François Ménard.  

« Laurence va bien, je la sens très solide malgré le contexte d’incertitude », reconnaît d’ailleurs Ménard.  

Un jour à la fois

Il faut dire que Laurence Vincent Lapointe a vécu sa part d’émotions à l’approche des Jeux. Accusée de dopage, puis blanchie, elle a ensuite vu les Jeux reportés d’un an. À travers tout ça, il y a le processus de qualification qui ne cesse de subir des transformations. Il en faut toutefois plus pour ébranler la Trifluvienne.  

« J’essaie de ne pas me projeter trop loin parce c’est inutile, résume-t-elle. On a tellement d’incertitude présentement en tant qu’athlète, surtout ces temps-ci. Je prends les journées une à la fois. » 

Le climat incertain entourant les qualifications olympiques s’est d’ailleurs accentué en janvier à la suite du décès de João Tomasini Schwertner, président de la Fédération panaméricaine de canoë, en raison de complications reliées à la COVID-19. Ainsi, les championnats panaméricains de canoë sprint, prévus du 8 au 11 avril au Brésil, sont remis en question. Cette compétition doit servir de qualification continentale. Du même coup, les essais nationaux au Canada, à la mi-mars, pourraient aussi être repoussés. 

Mains glacées  

À propos de son entraînement à Shawnigan Lake, la canoéiste québécoise s’adapte tout simplement.  

« On est très bien installés, mais c’est plus froid, convient-elle, en comparant avec la Floride. On n’a pas la même marge de manœuvre alors qu’on se retrouve avec les mains glacées. Ainsi, notre entraîneur [Marc Granger] met peut-être moins l’accent sur les longs entraînements. »  

Idéalement, Laurence Vincent Lapointe souhaiterait participer aux Jeux olympiques de Tokyo à l’épreuve individuelle, mais aussi en duo. Or, elle ne peut même pas s’entraîner présentement en C2, encore une fois en raison de la COVID-19 qui demande une distanciation physique.  

« Disons que pour le C2, je visualise », précise la Québécoise. 

« La meilleure façon de s’entraîner, c’est de le faire. La deuxième meilleure façon, c’est de l’imaginer. Quand tu n’as pas accès à la première possibilité, tu prends la deuxième », complète Ménard à ce sujet.