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«Le crépuscule des fauves» de Marc Levy: retrouver Maya à tout prix

Marc Levy
Photo courtoisie, Nastassia Brame Marc Levy

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Marc Levy en met plein la vue dans le deuxième tome de la série 9, Le crépuscule des fauves. Le thriller, en librairie depuis hier, est la suite passionnante de l’aventure des neuf héros intrépides et attachants rencontrés dans le best-seller C’est arrivé la nuit, publié l’automne dernier. Dans ce roman engagé, l’écrivain à succès dévoile peu à peu les stratégies d’un groupe de hackeurs, White Hats, qui œuvrent pour le bien, au péril de leur vie. Espionnage, hacking d’envergure, disparition, course contre la montre, éléments d’actualité : le rythme est enlevant et l’intrigue, passionnante.

Dans cette deuxième aventure des 9, les lecteurs retrouveront le groupe de hackeurs très doués qui se sont unis, tels des Robins des bois des temps modernes, pour déjouer les stratégies des gens les plus puissants de la planète. 

Une partie des 9 se réunit dans un vieux manoir des environs de Kiev, en Ukraine. Dans le donjon, un véritable laboratoire informatique a été aménagé, et les hackeurs doivent mettre un plan en opération, avec minutie, pour déstabiliser les « fauves ». Mais voilà que Maya, l’une des leurs, manque à l’appel. Une vraie course contre la montre s’engage pour la retrouver. 

Trois ans de recherches

Marc Levy, en entrevue téléphonique, explique avoir consacré beaucoup de temps aux recherches servant à documenter ce thriller d’exception, où des éléments d’actualité et des faits réels côtoient une intrigue menée au quart de tour.

« C’est trois ans d’investigation et de recherches, de rendez-vous sur le terrain, de conversations, affirme-t-il. C’est une fiction qui est ancrée dans la réalité, avec des crimes qui sont dénoncés, qui sont des crimes conformes à ce qui s’est passé dans la vraie vie. »

« C’est ça qui est intéressant : on s’attache beaucoup à la personnalité des hackeurs, et ça m’a amusé. Bien sûr, je comprends que la personnalité des Robins des bois soit passionnante, mais ce qui est intéressant, c’est les crimes que les Robins des bois découvrent et qu’ils vengent. C’est ça qui a été le moteur d’écriture. Toute cette histoire de lanceurs d’alertes, elle est surtout pour moi l’expression des crimes de corruption qui sont racontés dans le roman. »

La fragilité des démocraties

Le crépuscule des fauves explore des thèmes comme la cybercriminalité, la corruption, le vol des données personnelles, les coulisses du pouvoir. « Une des choses qu’on ne nous enseigne pas assez à l’école, et qu’on devrait enseigner beaucoup plus, c’est à quel point les démocraties sont fragiles », note-t-il.

« Ma génération est arrivée vingt ans après la Deuxième Guerre mondiale, et il y avait quand même une mémoire du nazisme, du fascisme et des conséquences. Je dirais que le prix de la démocratie, sa valeur, faisait partie de notre éducation parce que nos parents en avaient payé le prix, dans leur chair. Et je m’aperçois que les générations qui nous ont succédé n’ont pas du tout été assez informées, je crois, et alertées, sur la fragilité des démocraties. »

« On croyait que les ennemis des démocraties, c’était les autres pays dits totalitaires. Par exemple, j’ai grandi sous le chapeau de la guerre froide, donc l’ennemi, c’était les Soviétiques. Mais l’ennemi de la démocratie, en fait, il vient de l’intérieur. »

Même l’Amérique a du travail à faire, pour être un phare de la démocratie. « Les quatre années qu’on vient de vivre, qui se sont terminées par une tentative de coup d’État, qui continue d’être soutenue par un parti républicain qui est devenu un parti de culte et un parti fanatique – n’ayons pas peur de le dire –, prouvent que finalement, derrière la croûte, il y a beaucoup de choses qui se fissurent. » 

  • Marc Levy est, depuis 20 ans, l’écrivain français le plus lu en France (source GFK) et dans le monde, avec 50 millions d’exemplaires vendus. 
  • Ses livres sont traduits en 29 langues et connaissent un succès international. 
  • Le premier tome de la série 9, C’est arrivé la nuit, a été publié en septembre dernier et s’est immédiatement placé en première position sur la liste des meilleures ventes, avec plus de 350 000 exemplaires vendus en moins de trois mois.  

EXTRAIT 

9, tome 2 : Le crépuscule des fauves<br/>
Marc Levy, illustré par Pauline Lévêque<br/>
Éditions Robert Laffont/Versilio<br/>
416 pages
Photo courtoisie
9, tome 2 : Le crépuscule des fauves
Marc Levy, illustré par Pauline Lévêque
Éditions Robert Laffont/Versilio
416 pages

« Depuis plusieurs années, notre Groupe 9 avait révélé au grand jour des faits de corruption flagrants et dérangé assez de gens puissants pour que nous soyons condamnés à passer le restant de nos vies en prison si l’on venait à découvrir nos identités. Nous étions hors la loi, un paradoxe en soi, car ce que nous avions accompli aurait dû nous valoir d’être récompensés. Nous étions amis de longue date et pourtant, assis au comptoir d’un bar ou au hasard d’une rencontre dans la rue, nous aurions été incapables de nous reconnaître. En route vers Kiev, chacun appréhendait le moment à venir. »