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Tactiques de fin de saison

Campeau
Photo courtoisie À l’approche du doux temps printanier et de la période de reproduction des diverses espèces présentées dans ce texte, les adeptes pourront profiter pleinement de la belle température et surtout, d’un potentiel accru au niveau de la qualité et de la quantité des captures.

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La meilleure période de pêche blanche arrive à grands pas. Elle se déroulera au cours des trois prochaines semaines, à moins que la glace ne se fragilise avant.

La pêche à la majorité des espèces du sud de la province se termine le 31 mars prochain. Il y a toutefois certains endroits qui demeurent ouverts jusqu’en avril et d’autres à longueur d’année, comme certaines pourvoiries, par exemple.

Plus invitant

Depuis la prise des glaces, les manieurs de canne sont aux prises avec des conditions hivernales difficiles. Les journées sont plutôt courtes et les températures peu clémentes. Pour les vrais passionnés, la fin de la saison est la période la plus excitante, car les longues journées ensoleillées combinées aux températures douces du printemps sont bien souvent synonymes de pêche miraculeuse et de souvenirs mémorables...

Un pro

David Vadnais est un des rares mordus qui se spécialise dans le domaine de la pêche hivernale. Pour vous donner une meilleure idée de sa passion, quand il ne pourra plus embarquer sur la croûte gelée de façon sécuritaire, cet homme de 48 ans, de St-Hyacinthe, rangera à regret tout son attirail pour ne le reprendre qu’en décembre prochain.

Pour ce chic type, le dernier sprint est déjà amorcé et il souhaite en profiter à plein. Je lui ai demandé de bien vouloir m’indiquer des conseils pour aider les lecteurs du Journal à capturer les trois familles de poissons les plus populaires de la Belle Province. Voici l’essentiel de ses propos :

Perchaude 

Cette espèce très commune dans nos cours d’eau est sans aucun doute la plus recherchée en hiver. Les longues journées de clarté en lien avec la fin de la saison froide déclenchent le processus en vue de la fraie qui se déroule en avril. Ces petits poissons à la chair délicieuse se regrouperont alors de plus en plus dans les baies peu profondes. Ces sites, que l’on peut qualifier de véritables aimants à perchaudes seront davantage productifs s’ils abritent des herbiers. Les grands plateaux contenant encore des plantes aquatiques et les embouchures d’affluents seront également des secteurs de prédilection. Si vous découvrez un de ces endroits, vous aurez la chance de prendre part à de nombreux combats. Faites évoluer votre présentation près du fond et à l’occasion, vous pouvez monter un peu plus haut dans la colonne d’eau.

Parmi les nombreux leurres reconnus pour leur efficacité, pensons à la nymphe des glaces, au Tungsten Toad, au Glow Spoon, au Forage Minnow de Northland, au Swedish Pimple, au Quiver Spoon, au Lindy Perch Talker, à la Syclops S0, la W10 Wabler, le Buck-Shot spoon avec imitation d’œil, l’Atomic Teaser, le Micro Nymphe Twister, etc. David se sert d’un petit émerillon de type Fly clip qui lui permet de changer facilement et rapidement ses présentations si l’action tarde à se manifester.

« Il est important de garnir votre offrande avec une partie de méné mort, un asticot ou un ver de terre. Personnellement, j’affectionne les œufs artificiels des entreprises Pautzke et Atlas Mike’s ainsi que leurs gels odorants très attrayants et convaincants », ajoute M. Vadnais.

Une canne souple de 24 à 28 po équipée d’un petit moulinet à lancer léger rempli avec du fil tressé fin et un bas de ligne en fluorocarbone de 4 lb/test feront bien le travail.

Doré 

Cette espèce, reconnue pour chasser à la pénombre, est encore plus active lorsque la fonte printanière s’amorce. Elle souhaite alors se nourrir au maximum en vue de la période de reproduction à venir. Vous auriez intérêt à localiser et à exploiter des garde-manger comme les hauts fonds, les pointes sous-marines, les embouchures d’affluents ainsi que les grands plateaux d’eau peu profonde avec présence d’herbes aquatiques. Les endroits générant des flux d’eau légèrement plus chauds attirent diverses sources de nourriture à la base de la chaîne alimentaire dans ces secteurs. En fait, en mars, il est rarement nécessaire de pêcher au-delà de 3,5 mètres de profondeur et faites évoluer vos leurres à environ 30 cm du fond.

Outre les frénésies pré et post nocturnes, il faut savoir et se rappeler que la période d’activité matinale se poursuit souvent à ce temps de l’année jusqu’à 9, 10 et même 11 heures.

Il existe une panoplie de leurres pour cibler cette espèce. Parmi les plus populaires, le Mister Twister Teeny sur tête de jig, le Sassy Shad de 3 pouces sur tête de plomb, le Buck Shot de Northland, le Jigging Rap de Rapala, le Flutter Spoon, le CC Spoon, le Lindy Glow Spoon, le Ice Jig J50, la cuillère Nipigon, le Glow Streak, le One Knocker de Booyah, le Heddon Sonar, etc. L’ajout d’un petit méné mort ou d’une partie de celui-ci (aux endroits permis) incitera davantage les dorés à se laisser convaincre.

Une perche de puissance moyenne, d’une longueur de 28 à 32 po, vous permettra de travailler l’ensemble des leurres ci-haut mentionnés. Garnissez la bobine d’un petit lancer léger avec du fil tressé de 10 livres de résistance relié à un bas de ligne de 90 cm en fluorocarbone de 8 lb/test.

David tenait à préciser « qu’un sonar de type flasher ou, encore mieux, un modèle conçu pour la pêche blanche comme le Panoptix Ice Bundle de Garmin augmentera considérablement votre nombre de captures autant pour la pêche au doré qu’à la perchaude. Vous éviterez de perdre votre temps si aucun signal d’activité n’est émis à votre écran ».

« Depuis l’abolition de l’utilisation du méné vivant en 2017, la technique à la dandinette m’a rapporté beaucoup plus de succès au doré qu’un poisson-appât mort accroché au bout du fil d’une brimbale. Faites l’expérience et je suis convaincu que vous obtiendrez un taux de réussite plus élevé », confiait l’expert interrogé.

Brochet 

Le mois de mars est reconnu pour générer de gros prédateurs. Il s’agit même d’une plage horaire idéale pour ceux qui veulent relever des défis et battre leurs propres records.

La nourriture étant de plus en plus rare à l’approche de la période de reproduction, les combattants aux grandes dents doivent s’approcher des garde-manger et trouver de quoi se remplir l’estomac. Plusieurs spécimens, qui fréquentent habituellement les bas-fonds à proximité des abysses durant la saison froide, rejoignent leurs semblables dans des sites pas creux, comme le dit si bien l’expression populaire. L’amateur aurait avantage à lorgner du côté des baies peu profondes dans lesquelles on retrouve encore des plantes aquatiques ayant survécu au temps glacial. 

Les embouchures de rivières et les jonctions sont également d’excellents secteurs à prospecter. 

Brimbales

Un bon moyen pour localiser ces requins d’eau douce consiste à installer quelques brimbales à différentes profondeurs afin de trouver à quelle hauteur ils chassent dans la colonne d’eau. N’hésitez pas à les positionner dans aussi peu qu’un mètre de profondeur, dans le fond d’une baie.

Ces prédateurs affectionnent particulièrement les poissons-appâts morts. Les brimbales à bobine submergée comme les Arctic-X de Fabrications Jean Morin et les différents Tip up comme les modèles de HT et de Frabill sont recommandées pour cette espèce. David suggère de remplir vos bobines avec un fil d’une résistance minimale de 20 livres. Vous pouvez y ajouter un bas de ligne en fluorocarbone pour accroître le niveau de subtilité. 

L’utilisation d’un Predator rig permet d’accrocher un poisson-appât d’un minimum de 15 cm de longueur avec deux trépieds. 

Positionnez le méné inanimé, représentant une proie facile à saisir au passage, à une hauteur de 30 à 90 cm au-dessus du fond. À l’occasion, ils préféreront un gueuleton suspendu juste sous la glace. Il faut donc expérimenter.

Si vous préférez pêcher cet agressif carnassier à la dandinette, vous pouvez opter pour la nouvelle Williams Wabler W40 ou W50 de couleur perchaude, le Booyah One Knocker, le Heddon Sonar, le Golden Shiner Rattlebait, la Whitefish C70 de Williams, le Swedish Pimple, le Jigging Rap, le 3DB Vibe de Yo-Zuri, la Syclops S3 de Mepps, le Sassy Shad de 4 po de Mister Twister, etc. 

N’oubliez pas de trimballer une paire de pinces et un écarteur dans votre sac pour vous aider à retirer les trépieds de la gueule de ces puissants agresseurs.   

Trucs et astuces

David Vadnais a bien voulu nous indiquer quelques suggestions supplémentaires pour nous aider à avoir encore plus d’agrément lors de nos prochaines sorties sur la glace.

La taille de lame la plus polyvalente pour une tarière est de 8 po, selon l’expert interrogé.
Photo courtoisie
La taille de lame la plus polyvalente pour une tarière est de 8 po, selon l’expert interrogé.

Grosseur des trous

On retrouve, dans les présentoirs des marchands, différents diamètres de vrilles pour les tarières à glace. Les tailles de mèche les plus réputées sont d’un diamètre de 4 à 10 po. On choisira habituellement le calibre de la vrille en fonction des espèces visées, du poids total de la tarière, de votre forme physique (si vous optez pour un modèle manuel) et de l’espace dont vous avez besoin pour hisser un poisson hors du trou. Étant un pêcheur multiespèces pourchassant des spécimens de toutes les grosseurs, David préfère un diamètre de 9 po, car plus les opposants sont corpulents, plus il arrive fréquemment qu’il doive se rentrer le bras dans l’eau pour extirper ses prises. Retenez également que plus un trou est grand, plus il lui faudra du temps à se refermer à cause de la glace. M. Vadnais croit fermement que la taille la plus polyvalente est celle de 8 po.

Gel

C’est bien connu, le noir absorbe les rayons du soleil et crée une certaine chaleur. Afin de retarder le gel de l’eau à la surface de vos trous, il est possible de fabriquer soi-même des petits couverts protecteurs. Notre expert recommande l’achat de panneaux de mousse noire disponibles dans les quincailleries ou les grandes surfaces. Pour la fabrication, il suffit de les tailler en forme de carré ou de rond. N’oubliez pas de les trancher un peu plus grand que la taille des trous de façon à les recouvrir complètement. Pour terminer, il faut couper une entaille de 1⁄2 pouce de largeur jusqu’au centre de votre panneau pour que vous puissiez y passer le fil de votre brimbale.

Une bonne glisse

L’achat d’un traîneau pour trimballer vos équipements peut s’avérer onéreux. Pour certains modèles comme les Otter Outdoors, il est possible de fixer des bandes de plastique sous le traîneau afin de protéger le fond de ce dernier. Ces bandes robustes, d’une épaisseur de 5/8 pouce, augmentent la durabilité de votre investissement tout en l’aidant à mieux glisser. Faciles à installer, il ne faut que quelques outils pour les solidifier. 


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