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Un seul rapport d’impôt devrait être une évidence

Impôts : déclaration fiscale française préremplie avec la page des traitements, salaires, pensions et rentes
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On doit se le dire franchement, le fait d’avoir deux rapports d’impôt ne devrait pas être une caractéristique de la nation québécoise comparativement aux autres provinces canadiennes.

Comme Québécois qui a travaillé pendant 10 ans sur la colline parlementaire à Ottawa, j’ai toujours trouvé ridicule que nous doublions ainsi la paperasse. Faciliter la vie des Québécois, devrait une priorité pour tous les politiciens œuvrant sur la scène fédérale.

En 2018...

Au début de l’année 2018, avec des collègues à la demande du chef conservateur de l’époque, Andrew Scheer, nous avons travaillé à la mise sur pied d’une grande tournée du Québec – À l’écoute des Québécois. Pendant plusieurs mois, M. Scheer et son lieutenant politique pour le Québec, Alain Rayes, ont fait une tournée de toutes les régions du Québec.

À travers ces consultations, plusieurs bonnes idées ont été mentionnées par les participants. Ainsi, M. Scheer a décidé d’annoncer le 25 juin 2018 qu’un gouvernement conservateur sous son leadership allait mettre en place un rapport d’impôt unique.

Quelques mois plus tard, après l’élection de la CAQ, M. Scheer a rencontré M. Legault du côté de Québec. Dès que M. Legault a apperçu M. Scheer dans le long couloir menant à son bureau, M. Legault a mentionné qu’il appréciait beaucoup la position du chef conservateur sur la question du rapport d’impôt unique.

Cette promesse de M. Scheer a été adoptée à l’unanimité lors du Congrès des membres à Halifax en août 2018 et elle figurait dans la plateforme électorale conservatrice pour la campagne électorale en 2019.

La suite...

On connait les résultats de la dernière campagne. En obtenant un nouveau mandat, cette-fois minoritaire, on savait que les libéraux de Justin Trudeau n’allaient pas mettre le rapport d’impôt unique de l’avant.

À l’automne dernier, le Bloc Québécois a déposé un projet de loi (C-224) reprenant cette idée tant souhaitée par M. Legault et proposée par M. Scheer en 2018.

Normalement, les conservateurs d’Erin O’Toole aurait dû appuyer ce projet de loi. Cependant, ils ont décidé d’en faire autrement en comité parlementaire, cette semaine, en s’abstenant de voter.

Il est vrai que le projet de loi du Bloc n’était pas parfait. Par contre, il aurait été intéressant de voir les parlementaires de tous les partis travailler ensemble pour l’améliorer.

Le Bloc a ainsi tendu un piège aux conservateurs et ces derniers sont tombés dedans. La clé pour réussir quand tu formes l’opposition officielle est justement d’éviter les pièges de tes adversaires.

Rapidement sur les médias sociaux, le lieutenant politique du Québec des conservateurs, Richard Martel, a réitéré que son parti était en faveur de cette idée après le vote en comité : « Le Parti conservateur appuie le rapport d’impôt unique pour le Québec. »

Connaissant le leadership que M. Martel peut exercer dans son équipe, il ne serait pas surprenant de le voir revenir à la charge pour reprendre les devants dans ce dossier.

Son chef, Erin O’Toole, qui a courtisé grandement le Québec lors de la course à la chefferie, devrait être le premier à appuyer son lieutenant dans une démarche de la sorte.

M. O’Toole a le devoir de démontrer que son amour pour la nation québécoise n’était pas un amour éphémère.