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Des projets «démesurés» sèment la grogne à Neuville

Les résidents craignent de perdre l’âme du village si ces projets se concrétisent

Des projets «démesurés» sèment la grogne à Neuville
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

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Plus de 200 résidents de Neuville ont déambulé dans les rues de leur municipalité, dimanche, pancartes à la main, pour dénoncer des projets immobiliers « démesurés » qui risquent, selon eux, de dénaturer leur village.

Aubert Tremblay.
Organisateur
de la manifestation
Photo DIDIER DEBUSSCHERE
Aubert Tremblay. Organisateur de la manifestation

Les manifestants en avaient long à dire au sujet du projet de résidence pour aînés Les Belles Marées (trois étages) et du projet privé de condos locatifs Commodore (quatre étages) en bordure du fleuve Saint-Laurent, alors que le zonage n’autorise actuellement que deux étages.  

Des projets «démesurés» sèment la grogne à Neuville
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Ils dénoncent notamment le manque de transparence et de communication de la municipalité dans ces dossiers et craignent de perdre progressivement l’âme de leur village.

Dans la foule, la colère et l’indignation étaient palpables. 

« On ne veut pas que Neuville devienne une banlieue de Québec et que des blocs de plus en plus démesurés commencent à pousser ici et là. Si on accepte ces projets-là, ça va créer un précédent », explique Aubert Tremblay, l’un des organisateurs de la marche.

Question de survie

Rassemblés en matinée devant le presbytère, les habitants de l’endroit s’inquiètent également du dézonage potentiel des terres agricoles dans le secteur de la route Gravel.  

Des projets «démesurés» sèment la grogne à Neuville
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Même si la Municipalité a fait un pas de recul jeudi dernier en confirmant qu’elle renonçait à dézoner les terres du père du maire, Bernard Gaudreau, le projet, à l’est de la route Gravel, n’est pas mort pour autant. 

« Ça met directement en jeu la survie de notre entreprise. Si ce projet-là se réalise, je perdrai près de 50 % de ma capacité d’épandage... Et il n’y a jamais eu de discussion avec la population », déplore Claude Dubuc, propriétaire d’une ferme laitière et maraîchère dans la zone visée par le dézonage. 

« Il y a encore 30 hectares disponibles pour le résidentiel à remplir avant d’empiéter sur nos terres », souligne M. Dubuc.

Pas de décision de prise 

En entrevue avec Le Journal la semaine dernière, le maire Bernard Gaudreau assurait qu’aucune décision finale n’avait encore été prise concernant les deux projets immobiliers controversés sur le bord du fleuve.  

Quant au dézonage des terres agricoles dans le secteur de la route Gravel, la Municipalité est en train de refaire ses devoirs à la suite d’un premier refus de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

Elle prévoit cependant revenir à la charge avec une demande d’exclusion de la zone agricole modifiée, d’ici le 30 avril. 

—Avec Jean-Luc Lavallée