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La jungle immobilière

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Comme beaucoup de couples en phase d’expansion, ma blonde et moi nous sommes récemment aventurés dans la jungle immobilière. Celle où les prédateurs sont de gentils baby-boomers désireux de vendre à une jeune famille qui va aimer le quartier et continuer de prendre soin de leur maison.

Entre les proies, l’affrontement est sans pitié. Surenchère jusqu’au dernier moment ; renoncement à des conditions, pourtant réputées incontournables, comme la garantie légale ou l’inspection préachat ; lettres émouvantes aux vendeurs où tout un chacun rivalise pour montrer comment on est du bon monde : dans les quelques heures entre la visite d’une maison et l’ouverture des offres, tous les coups sont permis !

Désespéré

Dans mon cas, l’histoire se termine bien : on a rapidement trouvé à la hauteur de nos moyens. Pour beaucoup de gens, toutefois, la quête de la « maison idéale avec au moins trois chambres et une cour pas trop loin du centre » est un parcours du combattant qui s’étend sur des mois, voire des années.

Jusqu’à ce que, trop souvent, l’acheteur désespéré finisse par aller au-delà de son prix, renonce à plusieurs conditions et se mette potentiellement dans le pétrin financier.

Avec la pandémie, c’est pire. Télétravailleurs confinés, les gens ont coupé dans les voyages et les restaurants, tout le monde veut agrandir et les centres-ville n’ont pas la cote. Ça reviendra, mais pour l’heure, le prix médian des maisons unifamiliales a bondi de 100 000 $ en un an dans la région de Montréal, manifestation d’une inflation encore mal mesurée.

Bon moment pour vendre !

L’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier et la Chambre des notaires s’inquiètent du fait que plusieurs acheteurs renoncent aux conditions préachat. La députée Catherine Fournier propose de les rendre obligatoires et d’instaurer un délai légal entre l’affichage d’une propriété et l’acceptation d’une offre d’achat, histoire de pouvoir réfléchir avant de se passer l’hypothèque au cou.

On verra ce que ça donne, mais dans l’immédiat, c’est un très bon moment pour vendre un plain pied en banlieue ou pour acheter un condo dans le centre. 

Ça vous intéresse ? J’en ai justement un à vendre !