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Les «Royals»: la chicane est dans la cabane

Les «Royals»: la chicane est dans la cabane
Photo AFP

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La duchesse de Sussex a fait son numéro à la télé, fascinant des millions de midinettes à travers la planète. Avec Harry, son faire-valoir de mari, elle est venue pleurnicher à Oprah Winfrey que les Windsor les maltraitent.

On a eu droit à des ragots de famille. Bon, personne ne s’attendait à des exclusivités mondiales. Certainement pas leur auditoire cible surtout intéressé par l’info-divertissement «people», comme diraient les Français.

Avec une habilité machiavélique, Meghan Markle s’est dite, entre autres, victime du racisme. Tout le monde peut constater ses horribles conditions de vie. En plus, Kate Middleton, la femme du prince William, l’a fait pleurer. Terrible, terrible! Dans l’interview, le prince Harry a déploré de son côté que son père et son frère soient «prisonniers du système». Vraiment de pauvres et malheureuses victimes innocentes d’un régime oppressif.

Tout le monde se demande si Elizabeth II va retirer à Meghan et à Harry leurs titres de duchesse et de duc de Sussex, en plus des autres patronages royaux dont ils sont déjà dépouillés. Sans doute pas. Ça nuirait à la marque de commerce mondiale des Windsor.

Mais Meghan n’a-t-elle pas porté ombrage à la monarchie britannique? Pas du tout. Ses jérémiades télévisuelles contribuent au contraire à renforcer la présence médiatique de la «firme» Windsor, déjà la famille la plus notoire de la planète. Qu’on en parle en bien ou en mal, pourvu qu’on en parle.

Rappelons en passant que les Windsor, ex-Saxe-Cobourg-Gotha, sont aristocrates allemands qui, pour faire oublier leur origine, ont pris un nom anglais au début de la Première Guerre mondiale.

Vous vous souvenez, l’année dernière, Meghan et Harry disaient qu’ils quittaient la famille royale pour profiter de leur intimité, de leur vie privée. En faisant des confidences à Oprah en mondovision? Ce qu’ils veulent, c’est de continuer à profiter de la marque de commerce Windsor tout en se soustrayant aux obligations qui y sont liées. 

La «gère-mène» Meghan refuse de passer sa vie à inaugurer des chrysanthèmes. Harry rappelle son grand oncle le duc de Windsor (ex-Édouard VIII) qui était sous la férule d’une Américaine divorcée, Wallis Simpson, pour qui il a abdiqué le trône. La récente duchesse de Sussex n’est pas nécessairement une personne facile. Elle a coupé les liens depuis des années avec son demi-frère et sa demi-sœur et s’est brouillée avec son père. Des membres de son personnel ont porté plainte contre elle pour les avoir intimidés et maltraités au palais de Kensington, la résidence princière londonienne.

Meghan et Harry sont un couple insignifiant qui ne doit sa notoriété qu’à la famille du mari, prince d’une monarchie, essoufflée, mais ultra-médiatisée, d’un pays déclinant. Ils espéraient lancer leur propre filiale, profitant de la renommée de la maison-mère.

Mais leur plan d’affaires a été complètement chamboulé par le coronavirus. La pandémie est venue bouleverser leur blitz publicitaire dans leur marché de prédilection, les États-Unis, toujours fascinés par la splendide décadence de la famille régnante de leur ancienne mère patrie. Ils comptent sur leur interview avec Oprah pour relancer leur image de marque.

Selon le Wall Street Journal, CBS a payé entre 7 et 9 M$ US à Oprah Winfrey pour les droits de diffusion de l’interview.

Et en terminant, pour rester dans l’ambiance «people», deux ragots sur les «Royals». Lors de son interview avec Oprah, Meghan ne portait pas les boucles d'oreilles qu’elle adore, reçues en cadeau de noce du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui a donné l’ordre d’assassiner le journaliste Jamal Khashoggi. Et l’oncle de Harry, le prince Andrew, ne pourra jamais visiter nos tourtereaux aux États-Unis, où les autorités veulent l’interroger sur les relations sexuelles qu’il aurait eues avec une mineure proche de son ami pédophile Jeffrey Epstein, qui s’est depuis suicidé.