/sports/soccer/cf-montreal
Navigation

CF Montréal: Nancy veut faire son nom

Le nouvel entraîneur-chef a fait ses classes en gravissant les échelons un à un

Le CF Montréal a pigé dans sa cour en nommant Wilfried Nancy au poste d’entraîneur-chef.
Photo courtoisie, CF Montréal Le CF Montréal a pigé dans sa cour en nommant Wilfried Nancy au poste d’entraîneur-chef.

Coup d'oeil sur cet article

Moins de deux semaines après l’annonce du départ de Thierry Henry, le CF Montréal a nommé lundi Wilfried Nancy au poste d’entraîneur-chef, le huitième depuis l’entrée du club en MLS en 2012.

• À lire aussi: Wilfried Nancy : une embauche bien accueillie

• À lire aussi: Thierry Henry veut diriger Arsenal

• À lire aussi: Pas de match préparatoire pour le CF Montréal... pour l'instant

Celui qui a été adjoint au cours des six dernières saisons occupait le poste à titre intérimaire depuis le début du camp d’entraînement, la semaine dernière.

On a donc décidé de piocher dans sa propre cour dans le camp montréalais, après avoir été du côté de l’Europe pour les deux prédécesseurs de Nancy, Rémi Garde et Thierry Henry.

« Je ne suis pas très connu, a admis le principal intéressé. Oui, je m’appelle Wilfried Nancy et je suis très fier de mon nom.

« C’est vrai que c’est ma première expérience comme entraîneur, mais j’ai de l’expérience et j’ai été joueur professionnel, alors je sais comment ça se passe », a-t-il ajouté en assurant que s’il n’avait pas été retenu, il aurait repris son poste d’adjoint.

Le Français d’origine, qui est au Québec depuis plus de 15 ans, a été nommé au poste d’adjoint en janvier 2016. Il a épaulé Mauro Biello, Garde, son successeur par intérim Wilmer Cabrera, de même que Henry.

On peut dire que Nancy, 43 ans, a gravi les échelons un à un depuis son arrivée au sein de l’Académie de l’Impact, en 2011.

Le directeur sportif du CF Montréal, Olivier Renard, a indiqué que l’entente est d’une durée d’un an « avec plusieurs options. »

« Pourquoi ? a demandé Renard. Parce que c’est une nouvelle chose pour lui et pour nous. Mais c’est important de savoir qu’il n’a absolument pas le couteau sous la gorge pour obtenir des résultats. Je veux voir l’équipe progresser.

« On a parlé des raisons pour lesquelles j’ai un contrat d’un an, a pour sa part expliqué Nancy en visioconférence. Je comprends la direction et c’est à moi d’aller de l’avant sans avoir à les convaincre.

« Pour moi, ce n’est pas un problème d’avoir [un contrat] un an, deux ans ou trois ans. Ce qui m’intéresse, c’est le projet. »

Haut de la liste

Olivier Renard a laissé savoir qu’il n’avait pas discuté avec une tonne de candidats, même si les prétendants étaient nombreux. Il affirme ne pas avoir parlé à plus de cinq postulants.

« Wil a toujours été tout en haut de la liste, mais j’étais obligé de regarder autour ce qui pouvait se passer.

Olivier Renard
Photo d'archives, Ben Pelosse
Olivier Renard

Il rentre dans notre philosophie qui est de promouvoir les personnes qui font du bon travail au sein de l’entreprise. Il faut faire confiance aux gens qui sont à côté et on n’a pas toujours à chercher loin pour trouver de la qualité. »

Renard a par ailleurs indiqué que c’est Nancy lui-même qui avait fait les premiers pas.

« C’est lui qui est entré dans mon bureau en me disant qu’il voulait être entraîneur et quand quelqu’un fait les premiers pas de la sorte, ça lui fait marquer de gros points. »

Encadrement

Le manque d’expérience de Nancy comme entraîneur-chef est souvent revenu sur le tapis lors de la visioconférence.

« Est-ce qu’il avait les meilleurs papiers pour être coach ? Non, parce que tout le monde sait qu’il n’a pas l’expérience, mais c’est un des seuls points négatifs », a répondu Renard.

« Il sait très bien qu’il va pouvoir s’appuyer sur moi et sur les membres de son personnel. »

On a également appris que les adjoints Kwame Ampadu et Laurent Ciman, de même que l’entraîneur des gardiens Rémy Vercoutre et le préparateur physique, Jules Gueguen, restent en poste. Pour le moment, Nancy n’entend pas embaucher d’autres adjoints.

Avec les jeunes

Comme le CF Montréal aura fort probablement l’effectif le plus jeune de la MLS en 2021, ce n’est pas une mauvaise chose que Wilfried Nancy ait obtenu le boulot puisque c’est d’abord un entraîneur formateur, lui qui a rejoint le club en 2011 au sein du personnel de l’Académie.

« Avoir une jeune équipe cadre avec mon style de vie, j’aime prendre l’initiative et être proactif. Je veux une équipe qui sera comme ça sur le plan offensif et défensif. Je veux une équipe qui saura reconnaître les moments dans un match. »

C’est d’ailleurs un argument qui a milité en sa faveur, selon Olivier Renard.

« Le fait que nous ayons une équipe composée de jeunes joueurs fait partie des raisons pour lesquelles nous lui avons donné les clés. Il a un certain doigté pour travailler avec les jeunes joueurs. »

Cela dit, il a l’intention de poursuivre dans la même philosophie mise en place par Thierry Henry l’an passé, et qui consiste à travailler de l’arrière pour développer le jeu vers l’avant.

Des conditions difficiles

Si Thierry Henry a renoncé à son poste il y a bientôt deux semaines, c’est parce qu’il ne pouvait pas envisager de vivre une autre saison loin des siens et, accessoirement, de vivre une autre saison sous le règne de la COVID-19.

C’est dans ce contexte fort particulier que Wilfried Nancy devra faire ses débuts professionnels comme entraîneur-chef.

On a d’ailleurs appris lundi que le club prendra la direction de la Floride le 6 avril afin de terminer son camp d’entraînement dans la région d’Orlando­­­, avec l’espoir de disputer deux matchs préparatoires.

Il s’installera ensuite à Fort Lauderdale­­­ afin d’y disputer ses matchs « locaux » au stade du Miami Inter CF. Et Dieu sait combien de temps cette situation perdurera.

Adaptation

L’an passé, Henry a beaucoup parlé de l’importance de s’adapter et Nancy a repris exactement la même formule.

« On a toujours eu l’habitude de jouer de quatre à six matchs préparatoires, mais il y a une réalité pour tous les clubs canadiens, et il faut s’adapter. 

« On va devoir être créatif, je ne vous le cache pas. On n’a pas le choix de mettre les choses en place et d’être le plus logique possible par rapport à cette présaison. »

La situation est d’autant plus compliquée que l’équipe perdra une dizaine de joueurs qui partiront en sélection nationale la semaine prochaine. Comme ceux-ci auraient à faire une quarantaine de 14 jours à leur retour au Canada, on a choisi de les rapatrier directement en Floride.

Ajustements

On ne sait pas encore si l’équipe devra disputer l’essentiel de la saison 2021 loin de Montréal comme en 2020, mais Wilfried­­­ Nancy estime que les joueurs vont peut-être mieux réagir cette année.

« Les joueurs sont peut-être mieux préparés cette année parce qu’ils l’ont vécu l’an passé et qu’ils savent qu’on va partir pendant un certain temps. 

« Les choses vont être un peu plus claires parce que l’an passé, on ne savait pas pour combien de temps on partait, alors que cette année on a une meilleure idée. »

Nancy a indiqué que le club allait également tenter de rendre la vie plus facile aux joueurs afin qu’ils se sentent un peu plus à la maison malgré l’éloignement.

« On va être en mesure d’ajuster certaines choses pour que les joueurs se sentent bien. Il y a peut-être la possibilité que les familles viennent, mais on n’est pas encore fixés par rapport à ça. »

Mais il manquera toujours quelque chose tant que l’équipe devra jouer ses matchs locaux dans un autre stade.

« Le plus difficile est de toujours jouer à l’extérieur et de ne pas jouer devant nos fans. »