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Andrew Cuomo largué par les siens

Andrew Cuomo largué par les siens
AFP

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Chaque journée qui passe semble ajouter au fardeau qui pèse sur les épaules du gouverneur de l’État de New York. Andrew Cuomo est le premier responsable de plusieurs des problèmes auxquels il est confronté et le Parti démocrate ne fait aucun effort particulier pour lui venir en aide ou atténuer le sérieux des allégations à son endroit.

Vous savez déjà que la tourmente a débuté alors qu’on a confirmé que l’entourage du gouverneur révisait à la baisse le nombre de décès attribuables à la COVID dans les résidences pour personnes âgées, et ce, au moment où Cuomo rédigeait un livre sur sa gestion de l’épidémie.

Depuis, de nombreuses allégations de comportements inappropriés défrayent la chronique. La plus récente réfère à une agression sexuelle sur une employée dans la résidence privée de Cuomo. Le service de police d’Albany enquête maintenant sur cette affaire.

Au plus fort de la pandémie, Andrew Cuomo a su profiter de toute l’attention médiatique qu’on lui accordait pour se présenter en meneur vigoureux et éclairé, véritable antidote à l’inaction et au manque d’empathie de la Maison-Blanche. À deux ans de l’élection pour le poste de gouverneur, le démocrate se dirigeait vers une victoire facile et un quatrième mandat consécutif.

Les événements se sont bousculés et en ce mois de mars 2021, non seulement on doute sérieusement des chances de réélection de Cuomo, on se demande s’il sera en mesure de terminer le présent mandat. Sa cote de popularité a chuté à 38%, son plus faible taux en carrière. La pente est raide et le gouverneur, de plus en plus isolé, ne peut compter que sur lui-même.

D’abord réticents à le condamner, les élus démocrates de son état et ceux de Washington évoquent de plus en plus souvent son départ. Les meneurs démocrates du congrès de New York et le maire de la ville de New York l’invitent à remettre sa démission. L’image de Cuomo est sérieusement malmenée et les comparaisons entre son attitude et celle de Donald Trump foisonnent.

Après s’être présenté comme l’anti Trump par excellence, le chevalier démocrate est tombé de son cheval et il a perdu sa superbe. Être associé à l’ennemi juré n’est qu’une des humiliations auxquelles il doit faire face.

On a peut-être enfoncé le dernier clou dans le cercueil de sa carrière politique hier. Le Speaker démocrate de la chambre des représentants d’Albany a autorisé le début de l’enquête qui pourrait mener à une accusation dans le cadre d’une procédure de destitution.

Cette décision n’est pas banale quand on sait à quel point ce processus est politique et partisan. Si Cuomo avait encore besoin qu’on lui précise à quel point il est seul dans son camp, on vient de lui répondre de manière éloquente.

Qu’on politicien puisse survivre à un scandale constitue déjà un exploit, mais lutter sur de multiples fronts nécessite qu’on soit minimalement soutenu. Confronté à une enquête sur sa gestion de la COVID et à des enquêtes sur les allégations de comportements sexuels

inappropriés, Cuomo constate également que ses appuis dans la population sont au plus bas. Combien de temps pourra-t-il tenir le coup?

Andrew Cuomo est un dur et sa détermination est farouche. En chutant, c’est un nom de famille célèbre qu’il entraîne avec lui dans la boue et la disgrâce. Il n’est pas impossible qu’il s’entête, mais il devra alors assumer les nombreuses comparaisons avec Donald Trump, le politicien qu’il s’est employé à discréditer sans relâche.