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Aux urnes le 7 juin ?

Aux urnes le 7 juin ?
AFP

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Depuis quelques semaines, la machine à rumeurs à Ottawa était déjà bien partie sur les scénarios entourant le prochain scrutin fédéral, elle s’est emballée davantage après le passage de Justin Trudeau, mercredi, sur les ondes de la chaîne de radio 98,5.

Dans les dernières minutes de l’entrevue, M. Trudeau a lancé: «Je n’exclus absolument rien, parce que je m’attends à ce que tout le monde puisse livrer ensemble pour les Canadiens. C’est ça ma priorité.»

C’était la première fois que le premier ministre exprimait clairement qu’il ne peut pas écarter toute possibilité en prévision d’une potentielle élection dans les prochains mois.

Les deux mains sur le volant

En ajoutant dans l’entrevue, que «j’ai besoin qu’un Parlement fonctionne», M. Trudeau veut ainsi invoquer la même prémisse qu’avait utiliser Jean Charest en 2008 lors de la dernière crise économique, soit d’avoir un gouvernement majoritaire pour affronter la tempête.

La vraie question, ici, est de savoir si le Parlement fonctionne actuellement. Depuis le début de la pandémie, les partis d’opposition sont généralement de bonne foi.

Avec tous les milliards qui ont été dépensés par Justin Trudeau, il est difficile de penser que le Parlement et le gouvernement sont paralysés. En adoptant des projets de loi à toute vitesse, le gouvernement s’est retrouvé à donner 1000$ pour que des voyageurs puissent faire leur quarantaine suite à un voyage dans le Sud.

À ce moment, ça aurait été bien que les partis d’opposition ralentissent un peu les ardeurs des libéraux pour s’assurer que le projet de loi en question ne permette pas ce genre de folie.

La fenêtre

Il est maintenant clair que le budget fédéral ne sera pas déposé en mars. Si c’était le cas, on le saurait déjà.

Alors, il faut regarder en avril. Le Parlement ne siège pas pendant les deux premières semaines en avril - congé pascal oblige. Cependant, les libéraux tiendront leur Congrès (virtuel) les 9 et 10 avril.

Les travaux de la Chambre reprendront le 12 avril. Normalement, les budgets sont déposés un mardi. Ainsi, la date du 13 avril devient très intéressante.

Après la présentation d’un budget dans un contexte minoritaire, il y a un peu de mélodrame à savoir qui va appuyer le gouvernement. Comme les oppositions disent que c’est n’est pas le temps pour des élections en pleine pandémie, il serait surprenant qu’ils fassent tomber le gouvernement, mais on ne sait jamais.

Cependant, avec quelques jours d’incertitudes, M. Trudeau devra fort probablement lui-même lancer le pays en élections pour avoir les deux mains sur le volant. En regardant à nouveau le calendrier, le dimanche 2 mai semble être un moment propice.

Ainsi, si la campagne est déclenchée le 2 mai, et en comptant 36 jours de campagne, on se rend au lundi, 7 juin.

La beauté de la chose pour M. Trudeau c’est que la fenêtre d’ouverture pour un scrutin avant l’été ne referme pas le 2 mai. Il pourrait attendre jusqu’à la mi-Mai pour inviter les Canadiens à se rendre aux urnes avant la belle saison.

Le risque

Pour un premier ministre en situation minoritaire, il y a toujours un risque à se lancer soi-même en campagne. Pauline Marois, en 2014, est un bel exemple.

Cependant, M. Trudeau doit se demander s’il y aura une plus belle fenêtre d’opportunités dans les prochains mois. Sa réponse est sans doute non et il a raison de penser ça.

Pour le commun des mortels, il peut paraître complètement insensé de lancer le pays en campagne en pleine vaccination contre la COVID-19.

Mais, pour les politiciens, trop souvent, la fin justifie les moyens.