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Déconfinement des sports: des parents à bout de ressources

Les assouplissements dévoilés par la ministre Isabelle Charest ne font pas l’affaire de tous

GEN - ISABELLE TRUDEAU ET SES ENFANTS
Photo Martin Alarie Parents d’Audrey-Anne, Olivier, Tristan et Raphaël, Isabelle Trudeau et Alexandre Lauzon s’expliquent mal que les jeunes soient privés de leur sport un an après le début de la pandémie.

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Des parents de jeunes sportifs sont restés sur leur appétit à la suite de l’annonce de la reprise graduelle du sport organisé à compter du 26 mars, vendredi. Selon eux, les assouplissements dévoilés par la ministre Isabelle Charest ne régleront pas les problèmes de santé mentale qui se sont développés chez de nombreux jeunes privés de leur sport favori depuis des mois.

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Mère de quatre enfants « mordus de hockey », Isabelle Trudeau n’a rien eu de réjouissant à leur annoncer, vendredi. La mère de famille réside à Laval, une zone rouge, où la reprise des entraînements en groupe de huit à l’intérieur demeure interdite contrairement aux régions en zone orange. Et comme ses quatre enfants âgés de 9 à 14 ans ne fréquentent pas un programme sport-études, ils devront continuer de s’armer de patience avant de revoir leurs coéquipiers sur la glace. Les seules pratiques avec leur équipe respective remontent à septembre lorsque la région métropolitaine ne se retrouvait pas encore en alerte maximale.  

Oubliés depuis des mois 

« Je peux aller avec un entraîneur privé sur la glace, mais l’entraîneur de mes enfants ne peut pas diriger un petit groupe de huit [...] On a beau être créatif, mais ça fait un an qu’on est créatif et les jeunes abandonnent, confie Isabelle Trudeau en entrevue au Journal. Nos ados ne veulent plus rien savoir des défis, de prendre une marche ou de se lancer la balle. Ça fait un an ! C’est triste, je m’attendais à plus. » 

Enseignante au primaire, Mme Trudeau déplore que le gouvernement et la Santé publique ne prennent pas davantage en considération l’état psychologique dans lequel se trouvent de nombreux adolescents en raison de la pandémie. Elle prend l’exemple de ses trois garçons – Olivier, 12 ans, et les jumeaux Tristan et Raphaël, 9 ans – qui ne vivent que pour le hockey. 

« Les jeunes ont été oubliés et leur santé mentale en souffre, observe la maman qui s’implique aussi auprès du hockey féminin où sa fille Audrey-Anne évolue. Pour mes enfants, leur exutoire, c’est de faire du hockey, ils ont besoin de faire sortir le méchant [...]. Et le hockey, ce n’est pas juste du bâton-rondelle, c’est plus que ça. C’est un mode de vie où on y inculque des valeurs. Je me rappelle que les filles [de l’équipe féminine de ma fille] venaient se confier, là, elles n’ont plus ça. » Ce point de vue est également partagé par Dominic Lord, un père trois jeunes hockeyeurs qui ne demandent que de reprendre la compétition. Même si ses fils pourront recommencer à s’entraîner puisqu’ils résident en zone orange à Québec, ils s’attendaient à des assouplissements plus importants. 

« C’est une opportunité manquée, tranche-t-il. J’ai l’impression de commencer une course à la ligne départ sans savoir si ce sera un 100 m ou un marathon pendant que d’autres pays et États sont à la ligne d’arrivée. Mon plus jeune me demande 3-4 fois par semaine quand ils vont annoncer si ça repart et je ne vous cache pas que mon deuxième [enfant], j’ai vu son comportement changer. Il est dans une classe avec moins de sportifs et ce n’est pas possible de faire des activités à l’école. » 

Le sport, outil indispensable 

Lui aussi impliqué au hockey mineur, il constate peu à peu le désintéressement qui s’installe chez les jeunes malgré toutes les initiatives virtuelles mises sur pied pour les garder allumés. « On respecte nos aînés et je ne suis pas dans le déni de la pandémie, loin de là, mais il faut investir dans le futur et on est rendus au point où il faut leur en donner, a ajouté M. Lord, qui était présent à la marche pour la reprise du sport tenue dimanche dernier à Québec. On va atteindre un point de rupture. Pour moi, le sport est un outil pédagogique et la compétition amène d’autres apprentissages. »  

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