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Malheureusement, HongKong est mort pour de bon

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Le Hongkong de la fusion entre l’Orient et l’Occident vient de mourir. Sans ce Hongkong, la haute finance de la ville n’en a plus pour longtemps. Ni sa culture, ni ses médias, ni rien de ce qui faisait de Hongkong un endroit si exceptionnel. Hongkong est mort pour de bon, en raison de la nouvelle loi électorale votée cette semaine à Pékin. 

Le mouvement démocratique est devenu un rêve interdit. Toutes les libertés occidentales qu’on y trouvait étaient déjà sérieusement menacées par la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020. Elles n’ont maintenant plus aucune chance de résister à la dictature totalitaire de Xi Jinping. Il faut dire que le gouvernement chinois avait commencé à détruire Hongkong il y a plus de 40 ans.


Quand le gouvernement chinois a-t-il commencé à attaquer Hongkong ?

Le gouvernement chinois a commencé à attaquer Hongkong dès 1979, avec la création de Shenzhen. Shenzhen était alors un gros village de pêcheurs situé de l’autre côté de la frontière de Hongkong. À cette époque, le gouvernement chinois avait décidé d’en faire une zone économique spéciale, une sorte de laboratoire où il apprendrait à faire du commerce international, de la construction d’hôtels à celle d’usines de chaussures et de vêtements, en passant par la mise en place d’une réglementation moderne. Petit à petit, les exportations de Shenzhen ont monté en gamme. La ville a grossi. À présent, Shenzhen est plus populeuse, plus riche et plus moderne que Hongkong. Au point où, désormais, de jeunes Hongkongais traversent la frontière pour y trouver du travail.


Le gouvernement chinois a-t-il violé le traité de 1997 sur Hongkong ?

Suivant le traité de Hongkong signé avec le Royaume-Uni, le gouvernement chinois ne devait s’occuper que de la politique étrangère et de la défense de la ville. Le reste devait demeurer de compétence hongkongaise exclusive jusqu’en 2047. Mais le gouvernement chinois a brisé les conditions du traité et il s’est ingéré de plus en plus dans les affaires internes de Hongkong. Cette ingérence est à l’origine de la colère de la majorité de la population de Hongkong et de la montée des mouvements démocratiques hongkongais.


Quels sont les autres rivaux de Hongkong ?

Hongkong doit sa richesse aux capitaux qui ont fui le régime communiste, en particulier ceux de Shanghai et de la province du Guangdong. Hongkong a commencé à perdre de sa puissance dans les années 90 quand le gouvernement chinois a modernisé Shanghai pour en faire le centre financier et industriel de la Chine. Quelques années plus tard, la modernisation de la ville de Canton et son développement tentaculaire autour de l’embouchure de la rivière des Perles ont fini par rejoindre Hongkong. Même sans l’ignoble loi sur la sécurité et sans la nouvelle loi électorale, Hongkong était condamné à dépérir.  


Que contient la nouvelle loi électorale ?

Selon ce qu’on en sait, elle permettra à Pékin de choisir les candidats aux élections en plus de nommer une bonne partie des députés.


Quels enseignements faut-il tirer de Hongkong ?

L’histoire récente de Hongkong est remplie d’enseignements. Retenons-en trois. Premièrement, les autorités chinoises n’hésitent pas à changer les règles à leur avantage quand elles se sentent assez fortes pour le faire. Deuxièmement, ces autorités planifient à très long terme, plusieurs coups à l’avance. Troisièmement, les dirigeants chinois craignent la démocratie et ils feront tout pour la détruire non seulement en Chine, mais ailleurs dans le monde.