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Économie: les cicatrices de la pandémie toujours visibles dans certains secteurs

De nombreux secteurs d’activité sont toujours sinistrés malgré la reprise graduelle des 12 derniers mois

Guljit Sandhu,
Photo Francis Halin Début 2020, Guljit Sandhu, une femme de 29 ans, travaillait dans les domaines de l’aviation et de l’événementiel. Elle a donc été doublement frappée par la pandémie. On la voit ici au Quartier DIX30, à Brossard, où elle organisait des événements.

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En février 2020, Québec baignait dans le plein emploi. Un an plus tard, les cicatrices de la pandémie sont toujours visibles dans certaines régions et dans certains secteurs, comme l’hébergement, la restauration, la culture et les loisirs.

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Statistique Canada a dévoilé vendredi son bilan du marché de l’emploi pour février. Douze mois auparavant, la COVID-19 s’installait en sol canadien, ce qui forçait le gouvernement du Québec à mettre sur pause son économie.

La grande majorité des secteurs d’ici se sont aujourd’hui relevés des impacts des derniers mois sur le marché du travail, et certains ont même enregistré des gains par rapport à avant la pandémie, comme « l’agriculture » (+8 %), les « services publics » (+8 %) et les « services d’enseignement » (+9,5 %). 

D’autres ont toujours du mal à souffler, comme les secteurs des « services d’hébergement et de restauration » et « information, culture et loisirs », dont la main-d’œuvre a reculé de 82 200 et 57 600 emplois en un an.

Derrière ces statistiques, il y a l’histoire de travailleurs qui ont eu à jongler avec la perte de leur emploi et à revoir leur plan de carrière. 

Ces derniers jours, le secteur de la restauration, qui tournait au ralenti depuis l’automne, a pu rouvrir ses salles à manger en zone orange. Une situation qui devrait se refléter sur les données de l’emploi du mois de mars.

Le défi de l’heure

L’industrie de la restauration doit maintenant faire face au défi de la main-d’œuvre. Un problème qui était déjà présent avant la pandémie. 

« La main-d’œuvre, cela va être le défi de l’heure. C’était le cas avant la pandémie et cela va l’être encore plus, là. [...] Il y a une surenchère », a concédé au Journal François Meunier, vice-président aux affaires corporatives et gouvernementales à l’Association Restauration Québec.  

« Il y a plusieurs travailleurs qui se sont replacés ces derniers mois et, en plus, on se fait concurrencer par le gouvernement par toutes sortes de programmes de requalification », déplore-t-il. 

Du côté des attractions touristiques et des festivals, on craint aussi un bras de fer pour la main-d’œuvre lorsque l’ensemble des activités reprendront. 

Événements Attractions Québec chiffre à plus de 10 000 le nombre de travailleurs qui devront être recrutés au cours des prochains mois.

« Tout le monde s’attend à un défi de recrutement pour les employés saisonniers », a répondu le directeur général, François-G. Chevrier. « On entend déjà que le taux de retour des travailleurs [ceux qui revenaient habituellement chaque année] est moins grand », poursuit-il.

Cruciale requalification

Après 12 mois de lutte contre le virus et plusieurs confinements, Québec compte maintenant 138 600 emplois de moins qu’en février 2020. Ce qui signifie que la province a récupéré 96,8 % de ses emplois.

Autre fait intéressant, entre février 2020 et 2021, le secteur « soins de santé et assistance sociale » a également perdu 19 200 emplois.

Au gouvernement, le ministre du Travail, Jean Boulet, dit être conscient que « la disponibilité de la main-d’œuvre est au cœur du succès de la relance économique ». 

« Nous avions déjà amorcé une grande stratégie pour contrer la rareté de la main-d’œuvre avant la pandémie et nous avons redoublé d’efforts dans les derniers mois. En effet, nous avons offert aux Québécoises et aux Québécois des outils pour se requalifier et rehausser leurs compétences ».

Si on regarde les données de l’emploi pour les régions métropolitaines de recensement du Québec, « Ottawa-Gatineau » (-4,8 %) et « Trois-Rivières » (-7,5 %) sont celles qui traînent le plus de la patte par rapport à 2019. 

Pour Québec et Montréal, le nombre d’emplois accuse toujours un écart négatif de 1,2 % et 3,1 % par rapport à avant la pandémie. Il y avait 195 900 chômeurs à Montréal le mois dernier et 22 800 à Québec.

Comme quoi Québec semble s’en aller dans la bonne direction, le taux de chômage a reculé de 2,4 % en février, pour s’établir à 6,4 %, soit le niveau le plus faible depuis février 2020. L’emploi a augmenté dans la Belle Province (+112 600 ; +2,7 %). 

–Avec la collaboration de Francis Halin

La différence entre février 2020 et 2021 pour l’emploi par secteur au Québec   

  • Agriculture + 8 %  
  • Services publics + 8 %  
  • Construction + 4,8 %  
  • Commerce de gros et de détail – 2,8 %  
  • Transport et entreposage – 5 %  
  • Finance, assurances, services immobiliers et de location + 4,2 %  
  • Services d’enseignement + 9,5 %  
  • Soins de santé et assistance sociale – 3,2 %      
  • Information, culture et loisirs – 31,7 %  
  • Service d’hébergement et de restauration – 31,8 %   

Source : Statistique Canada