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Québec injectera 8 millions $ pour intégrer plus de femmes à des emplois payants

Ministre Jean Boulet
Photo Andréanne Lemire Jean Boulet, ministre du Travail, vendredi à Trois-Rivières, pour l’annonce de programmes de formation destinés aux femmes.

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Le ministre Jean Boulet débloquera 8 millions $ pour permettre à un plus grand nombre de femmes d’occuper un emploi dans des secteurs recherchés et payants.

La Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) pilotera, en collaboration avec le Secrétariat à la condition féminine, un comité visant à intégrer plus de femmes dans les métiers liés aux sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), a appris notre Bureau parlementaire. 

« Les femmes ont été particulièrement affectées par la pandémie, et encore plus les jeunes femmes », explique le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Les secteurs du commerce de détail, de la restauration et du tourisme ont notamment fait les frais de la crise sanitaire. 

L’initiative vise donc des requalifications à court terme, mais aussi à stimuler la vocation chez des étudiantes pour ces domaines plus traditionnellement masculins. 

Ainsi, la CPMT (qui regroupe des représentants patronaux et syndicaux, de même que le milieu de l’enseignement et des organismes communautaires) sera appelée à proposer des pistes de solutions. Celles-ci pourraient notamment passer par des formations courtes, une meilleure reconnaissance des acquis, un salaire pour soutenir les étudiantes ou des mesures pour stimuler l’entrepreneuriat féminin. 

Mentorat 

De son côté, la présidente de la CPMT donne l’exemple du programme de mentorat G-Change mis sur pied par l’École de technologie supérieure afin d’accompagner les étudiantes dans l’univers du génie et des sciences. 

« Ça pourrait être un exemple de solution, d’élargir un programme comme celui-là à d’autres maisons d’enseignement », illustre Audrey Murray. 

Le comité de la CPMT réunira des experts et des leaders féminines « pour bien comprendre, à partir de leur expérience, quels nœuds on doit dénouer », dit Mme Murray. 

Le ministre s’attend à avoir des propositions sur son bureau d’ici le 30 avril prochain.

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Secteurs d’avenir

Cette difficulté à recruter des femmes dans les secteurs des STIM, Jean Boulet l’observe lui-même dans le cadre du Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation (PARAF), mis sur pied par le gouvernement Legault pour requalifier les travailleurs affectés par la pandémie. 

Les étudiants reçoivent 500 $ par semaine pendant leurs études et leurs frais de scolarité sont pris en charge.

Même si 49 % des participants sont des femmes, leur présence chute à 9 % dans les programmes liés à la construction, et ne dépasse pas 22 % dans les technologies de l’information.  

Pourtant, ces secteurs auront de grands besoins de main-d’œuvre. « Avec le projet de loi 66, on va accélérer les projets d’infrastructures pour rénover des écoles, des hôpitaux, construire des routes », fait valoir Jean Boulet. 

Besoins croissants

Même portrait pour les TI, où il manquait déjà 10 000 travailleurs annuellement avant la pandémie. Les enjeux technologiques liés à la popularité croissante du télétravail et du commerce en ligne risquent d’aggraver cette pénurie. 

Le premier ministre François Legault affirmait cette semaine que le Québec devrait revenir « au plein emploi » d’ici un an. Mais le type d’employé recherché, lui, risque d’avoir changé.