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Un couple à la table du conseil des ministres

Pierre Fitzgibbon et Isabelle Charest
Photo courtoisie Les ministres Isabelle Charest et Pierre Fitzgibbon sont unis dans la politique et dans la vie

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La vie politique a brisé bien des couples, mais elle en a aussi formé. Une heureuse situation inédite à survenir au Conseil des ministres, l’union des ministres Pierre Fitzgibbon et Isabelle Charest, exige certaines précautions pour éviter des faux pas.

Dans les corridors de l’Assemblée nationale, la relation entre le ministre de l’Économie et la ministre des Sports est connue. L’homme d’affaires et l’ex-athlète olympique sont en couple depuis plus d’un an maintenant. Ils ne s’en cachent pas, sans en faire l’étalage non plus. 

Comme pour d’autres élus avant eux, les longues heures au Parlement, les fréquents séjours à Québec et la présence à des événements partisans communs a créé un rapprochement.

Des amoureux au Conseil des ministres, c’est tout de même une situation jamais vue. Conscients des possibles enjeux que pouvait entraîner leur relation, ils en ont informé rapidement le cabinet du premier ministre et ont entrepris les démarches requises.

Leurs intérêts financiers communs ont été déclarés à la commissaire à l’éthique. Ils sont notamment liés par un prêt financier qui a été enregistré en bonne et due forme.

Au bureau de François Legault, on précise que cette relation n’a pas nécessité de mesures particulières lors des délibérations du Conseil des ministres.

Le titulaire de l’Économie n’intervient pas lors des prises de parole de sa conjointe et vice-versa. Jusqu’ici, aucun sujet délicat ou dossier qui impliquerait les deux ministres n’a fait surface. Loin d’indisposer leurs collègues, ils font même des envieux !

Les couples élus

Ils ne sont pas les seuls à avoir trouvé le bonheur en se côtoyant dans la bulle du Parlement, comme en témoignent les libéraux Marwah Rizqy et Gregory Kelley.

On pense à Louise Harel et Michel Bourdon qui ont siégé ensemble au début de leur carrière politique au PQ, en 1981, alors qu'ils formaient un couple.

On se souvient de la liaison plus surprenante entre l’adéquiste François Bonnardel, désormais ministre caquiste, et Nathalie Normandeau, du temps où elle faisait partie du gouvernement de Jean Charest. Surprenante, parce qu’elle unissait deux adversaires.

Les deux avaient cherché à cacher leur relation pendant quelques mois, parce qu’ils craignaient la réaction des collègues et des citoyens.

Mais lorsque leur idylle a été exposée au grand jour, ils ont été agréablement surpris.

« Nos collègues, nos adversaires aussi, se réjouissaient et nous souhaitaient le bonheur », se rappelle aujourd’hui Mme Normandeau. Même le public y voyait une douce délinquance rafraîchissante.

« Comme si les gens avaient trouvé que c’était un peu sexy, glamour, et que ça projetait une image moins coincée du monde politique », dit l’ex-ministre.

Elle s’étonne que le sujet des relations entre élus – parce qu’il y en a davantage que l’on pourrait le croire – demeure un peu tabou. 

« Une colline Parlementaire, c’est comme un aquarium, ou une petite société avec ses codes », image-t-elle.

Une rupture déchirante

Sur la scène fédérale, la liaison qui a fait le plus couler d’encre est celle entre Peter MacKay et Belinda Stronach.

Ils partageaient le même côté des banquettes de la Chambre des communes au sein du Parti conservateur, avant que la députée mette un terme à la relation, puis traverse le parquet pour rejoindre les libéraux de Paul Martin en 2005.

La photo de MacKay, à la fois le cœur brisé et trahi politiquement, qui pansait ses plaies avec son chien sur la ferme familiale, avait marqué les esprits.

Aujourd’hui à la Chambre des communes, les députés bloquistes Xavier Barsalou-Duval et Marilène Gill, qui siègent côte à côte, forment un couple.

Ce fut le cas également il y a quelques années des ex-élus du Bloc québécois Maka Kotto et Caroline St-Hilaire.