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Des excuses et une promesse de changements

Gabrielle Boisvert se garde une certaine réserve

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Sous le feu des critiques, Natation artistique Canada a présenté ses excuses aux cinq anciennes nageuses, dont Gabrielle Boisvert (photo), qui ont déposé une action collective, mardi dernier.

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Dans un virage à 180 degrés comparativement au timide communiqué publié mardi dernier après le dévoilement de l’action collective de cinq anciennes nageuses de l’équipe nationale, Natation artistique Canada (NAC) présente ses excuses et promet des changements d’ici cinq jours pour corriger les abus.

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L’action collective, au montant de 250 000 $ en dommages punitifs et de 12 500 $ en dommages moraux par athlète par année de service, additionné à des frais pour pertes encourues, porte sur des plaintes d’abus psychologiques, de négligence, de harcèlement sexuel et de propos racistes à l’endroit des quatre entraîneurs-chefs qui se sont succédé à la barre de l’équipe nationale entre le 1er janvier 2010 et le 8 mars 2021 ainsi que du personnel d’encadrement.

« Il y a des problèmes dans notre sport et de nombreuses mesures ont été prises depuis plusieurs années pour remédier à ceux qui nous ont été signalés. Suite aux témoignages reçus récemment, nous comprenons que ce n’était pas suffisant et nous nous en excusons sincèrement, a déclaré, dimanche soir, la chef de la direction de NAC, Jackie Buckingham, par voie de communiqué. Notre priorité est de nous assurer de la sécurité des athlètes afin qu’ils soient en mesure d’avoir du plaisir, d’apprendre et de compétitionner dans un environnement sain. »

Se disant profondément attristée des souffrances des athlètes lors de sa réaction initiale la semaine dernière, où elle n’avait pas apporté de solutions pour corriger le tir, Mme Buckingham affirme cette fois-ci que des changements seront apportés rapidement afin de corriger les situations problématiques décriées par les cinq nageuses dans les documents déposés devant la cour, mardi dernier. 

« Nous nous engageons à nous améliorer afin de regagner la confiance de notre communauté et pour inspirer une nouvelle génération d’athlètes. D’ici les cinq prochains jours, nous fournirons plus d’informations sur les actions concrètes ainsi qu’un plan de sport sécuritaire révisé pour l’avenir. Nous évoluons dans un monde qui allie à la fois le respect et le bien-être de nos athlètes ainsi que la recherche de la performance ultime sur la scène mondiale. Nous comprenons que cette quête ne peut en aucun cas justifier un acte répréhensible. »

Grand ménage réclamé

Parmi les cinq nageuses qui ont dénoncé publiquement les agissements des quatre entraîneurs-chefs qui se sont succédé à la barre de l’équipe nationale entre 2010 et 2020, Gabrielle Boisvert affiche une certaine prudence quant aux promesses de changement de NAC.

« Je suis encore sceptique, a mentionné la membre de l’équipe nationale de 2015 à 2018. Ils sont bons pour parler, mais moins bons pour agir. Il n’y a encore eu aucun mouvement de personnel et personne n’a été renvoyé. L’entraîneur-chef [Gabor Szauder] est encore là et c’est inacceptable avec tout ce qui s’est passé en novembre [enquête indépendante qui a mis en lumière des fautes de l’entraîneur-chef] et tout ce qui a été dévoilé lors du dépôt de l’action collective. » 

« Il faut que des gens soient congédiés et qu’il y ait un ménage à grande échelle, de poursuivre Boisvert. Les mêmes dirigeants sont en poste pour les faits reprochés aux trois derniers entraîneurs et il n’y a pas eu de changement. »

Des paroles en l’air

Quant aux excuses, elle les accepte avec un gros bémol. « Je prends toujours leurs excuses un peu à la légère, a-t-elle indiqué. Dans le passé, leurs excuses ont été des paroles en l’air. Ils s’excusaient, mais en disant que ce n’était pas de leur faute et en se demandant ce qu’ils auraient pu faire de plus. »