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Variants: il faut accélérer la vaccination si on veut sortir de la crise

La campagne doit passer rapidement à la vitesse supérieure selon des experts

Quebec
Photo Stevens Leblanc Le début de la vaccination des 80 ans dans la Capitale-Nationale au Centre de foires de Québec, mercredi.

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Trois mois après le tout premier vaccin distribué au Québec, une analyse des données de cette campagne historique rappelle que l’on doit appuyer sur l’accélérateur pour éviter que les variants continuent de repousser la sortie de crise tant attendue.

Avec 50 % des gens de plus de 80 ans vaccinés au Québec, mais à peine 19 % des 70-79 ans et 5 % des 60-69 ans inoculés d’une première dose (voir encadré), on se doit de réfréner quelque peu notre optimisme, croit Alain Lamarre, professeur en immunovirologie à l’INRS. Il y a loin de la coupe aux lèvres ou d’un déconfinement.

« On pourra y penser quand toute cette population-là sera vaccinée avec une couverture de 70 à 80 %. [...] Donc, ce n’est pas pour demain matin », estime M. Lamarre. 

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Accélérer

Pour parvenir à retrouver plus rapidement notre vie d’avant, l’expert et sa collègue de l’Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva ont identifié trois travaux majeurs pour le gouvernement Legault afin d’éviter l’émergence d’une troisième vague. 

« Il faut accélérer, en termes d’injection, mais aussi de message », croit Alain Lamarre.


Population vaccinée

Total de la province : 8,4 %*    

  • 80 ans et plus : 50,3 %**    
  • 70-79 ans : 19 %**    
  • 60-69 ans : 5 %**    
  • 16-59 ans : 5 %**    
  • 0-15 ans : 0 %**        

*Au 14 mars 11 h selon le ministère de la Santé

** Au 11 mars selon l’INSPQ

Les trois grands travaux du gouvernement    

La course aux variants

Il s’agit là de la variable la plus importante. Pour éviter une troisième vague, le Québec doit vacciner plus vite que la progression des variants.

« On doit prendre les devants avec les vaccins parce qu’on voit des données inquiétantes là où le variant est en avance », souligne Alain Lamarre, ajoutant que Québec devrait cibler au moins 40 000 vaccins par jour. 31 500 doses ont été injectées vendredi.

Pour Roxane Borgès Da Silva, la situation est critique au point de prioriser l’envoi de vaccins dans certaines régions plus touchées. « Je sais que c’est controversé, mais il faut le plus possible accélérer dans les zones les plus touchées par les variants », croit l’experte, citant notamment le grand Montréal. 


Perceptions erronées sur AstraZeneca

Le dossier AstraZeneca fait sourciller les experts, qui craignent l’impact du débat sur l’adhésion générale à la vaccination.

« On en entend sur le terrain des histoires de gens qui vont refuser de se faire vacciner avec AstraZeneca pour attendre un Pfizer. C’est inquiétant », confie le professeur en immunologie à l’INRS, Alain Lamarre, rappelant que la protection de ce vaccin est mieux que pas de protection du tout.

« C’est vraiment dommage. Dans tous les médicaments et vaccins, j’insiste bien sur l’ensemble des médicaments, il y a un risque dépendant des déterminants de chaque personne. On ne peut pas partir de ces risques individuels pour arrêter l’administration d’un vaccin quand des experts se penchent sur la question et disent le contraire », insiste Roxane Borgès Da Silva, demandant aux gens de « faire confiance à la science ».


Insister sur les travailleurs de la santé

En date du 11 mars, Québec avait vacciné 218 304 employés du réseau de la santé, ce qui représente 67 % des 325 000 travailleurs totaux. Un chiffre encore insuffisant selon Roxane Borgès Da Silva. 

« Ça va réellement prendre un effort supplémentaire », insiste la professeure de santé publique, craignant que les employés réfractaires deviennent une porte d’entrée dans des milieux où des gens sont vulnérables. Surtout que des études montrent que les corps d’emplois où l’on trouve le plus d’hésitants sont ceux qui se retrouvent en contact plus direct avec les patients. « Dans une enquête sur la grippe, on voyait que 70 % des médecins sont vaccinés, alors que c’est à 30 % pour les préposés aux bénéficiaires dans mon souvenir. Il y a un gradient associé à la volonté de se faire vacciner et ce n’est pas bon », ajoute la spécialiste.

C’est pourquoi le gouvernement Legault doit insister sur cette catégorie. « On doit faciliter leur vaccination au maximum. Ils travaillent beaucoup, ont des horaires atypiques, on doit les rejoindre, même si ça implique de retourner dans des CHSLD », croit Alain Lamarre. « Ils étaient dans les priorités, ce n’est pas pour rien. On doit atteindre le plus haut pourcentage possible ».

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Situation au Québec

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Total 84 837+ 9 264

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