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Deux infirmières congédiées pour des propos racistes envers une autochtone: une «culture» difficile à changer, admet Dubé

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Il faudra plus qu’une formation pour changer la «culture» au CISSS de Lanaudière, admet le ministre Christian Dubé, après le congédiement de deux infirmières pour des propos racistes envers une femme attikamek.

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Les deux employées avaient pourtant suivi le cours de sensibilisation à la réalité autochtone, mis sur pied après le décès tragique de Joyce Echaquan, décédée sous les insultes à l’hôpital de Joliette en septembre dernier.

«Une culture, ça ne se change pas en une seule formation. Ça va malheureusement, des fois, au-delà de ce qui se dit ou ce qui se vit dans un hôpital, mais dans une société ou dans une région particulière», a reconnu mardi le ministre de la Santé.

Le ministre de la Santé Christian Dubé
Photo Stevens LeBlanc
Le ministre de la Santé Christian Dubé

Christian Dubé s’est montré satisfait de la célérité du processus d’enquête interne. «Je pense que le message commence à passer qu’on ne laissera pas ça passer», a-t-il insisté.

Les deux infirmières, qui étaient suspendues sans solde depuis lundi, ont été renvoyées pour avoir tenu des propos racistes et discriminatoires à l’endroit de Jocelyne Ottawa, membre de la nation attikamek de Manawan.

«Humiliée»

La femme de 62 ans se faisait soigner pour une blessure à un pied vendredi dernier lorsqu’elle a été victime de propos inacceptables de la part des deux employées.

«Une [autre] a vu mon nom dans le dossier, puis elle a dit: "on va t’appeler Joyce, puis ça va être comme ça pour les intimes"», a rapporté Mme Ottawa, en entrevue à TVA Nouvelles.
Les infirmières du CLSC auraient également dit à la blague qu’elles fouilleraient dans son cellulaire.

«Je me suis sentie humiliée et je me sentais triste un peu aussi. Je me disais que si je disais quoi que ce soit, peut-être que les soins qu’ils me donnent ici vont s’arrêter», a précisé Jocelyne Ottawa.

Le CISSS de Lanaudière a promis une politique de tolérance zéro envers ce genre de comportements.

Les élus choqués

Six mois après la mort de Joyce Echaquan, ce nouveau cas de racisme envers une autochtone à Joliette a profondément choqué les députés de l’Assemblée nationale, qui ont présenté mardi des excuses à Mme Ottawa et aux autochtones.

«Ce qui est arrivé cette fois-ci dans l'hôpital de Joliette est totalement inacceptable!» s’est indigné le ministre Dubé.

Sa collègue Caroline Proulx a précisé que Mme Ottawa aura droit à des services de soin à domicile dès aujourd’hui.

Dans l’opposition, on ne décolère pas. Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a même ressenti de la «honte» en prenant connaissance de cette histoire troublante.    

«Si jamais les faits sont confirmés, ça prend des sanctions exemplaires. La meilleure manière d'enrayer un comportement, c'est également d'envoyer un signal fort que ce n'est pas acceptable dans notre société et qu'il y a des conséquences pour les gens qui tiennent des propos racistes ou agissent de manière raciste», a-t-il réagi.

Racisme systémique

Libéraux et solidaires demandent au gouvernement d’adhérer enfin au «Principe de Joyce», qui reconnaît le racisme systémique.

Selon la cheffe libérale Dominique Anglade, il faut que François Legault nomme le problème pour le régler.

Manon Massé estime que le gouvernement a une preuve de plus que le temps presse de reconnaître la discrimination et le racisme systémique dans notre réseau de la santé. «On se retrouve encore dans une situation où il y a des gens qui se sentent libres d'exprimer des préjugés, et ça, c'est complètement inacceptable dans ma société», a fait valoir la cheffe parlementaire de Québec solidaire.

Les députés ont adopté mardi à l’unanimité une motion condamnant le racisme, notamment envers les personnes autochtones.

«Que tous les membres de l’Assemblée nationale présentent leurs excuses à Jocelyne Ottawa ainsi qu’aux membres de la nation Atikamekw de Manawan et à l’ensemble des Autochtones pour les conséquences irréparables du racisme vécu dans les institutions de santé et de services sociaux du Québec», précise également le texte.     

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