/news/coronavirus
Navigation

L’Italie espère sauver son plan vaccinal, malgré les déboires d’AstraZeneca

Coup d'oeil sur cet article

ROME | Le gouvernement de Mario Draghi, qui a reconfiné la majeure partie de l’Italie, mise sur l’accélération de sa stratégie vaccinale pour sortir de la crise liée à la COVID-19, à condition que s’apaisent les doutes sur le vaccin d’AstraZeneca, dont Rome a suspendu l’utilisation.

• À lire aussi: [EN DIRECT 16 MARS] Tous les développements de la pandémie

Selon la stratégie vaccinale du nouveau gouvernement dévoilée samedi, 80% des Italiens devraient être vaccinés d’ici fin septembre.

Pour y parvenir, l’Italie prévoit de recevoir 16 millions de doses supplémentaires de vaccins d’ici la fin du mois, pour arriver à 52 millions à fin juin et 85 millions à fin septembre. Et de ces 85 millions de doses, 40 millions doivent en principe être livrées par AstraZeneca.

Or, depuis que l’objectif de huit Italiens sur dix vaccinés d’ici fin septembre a été rendu public, un vent de méfiance s’est abattu sur le vaccin du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca en Europe. Son utilisation était suspendue mardi dans dix pays, dont l’Italie.

«C’est un beau problème, inutile de le nier», a reconnu Giorgio Mulè, sous-secrétaire d’État à la Défense, dans un entretien au journal Il Messaggero.

Mario Draghi, ex-chef de la Banque centrale européenne (BCE), propulsé récemment à la tête d’une large coalition hétéroclite allant de la gauche à l’extrême droite, ambitionne de tripler les vaccinations quotidiennes actuelles pour arriver à environ 500 000 injections par jour à la mi-avril.

«Accélérer!»

Pour l’heure, seuls quelque deux millions d’Italiens, sur 60 millions, ont déjà reçu les deux injections. «Il faut accélérer !», insiste le tout nouveau commissaire chargé de la gestion de l’épidémie, le général Francesco Paolo Figliuolo.

Carlo Palermo, qui dirige le syndicat des médecins Anaoo Assomed, explique que l’Italie avait bien démarré en janvier en se concentrant sur le personnel médical et celui des maisons de retraite. Mais les choses se sont gâtées par la suite.

En cause, une pénurie de personnel pour pratiquer les injections. Une offre de recrutement de quelque 12 000 infirmières supplémentaires a débouché sur seulement 4 000 réponses, pointe Carlo Palermo.

Les régions italiennes, relativement autonomes en matière de santé, ont également affiché des priorités divergentes.

La Toscane, par exemple, s’est concentrée sur la vaccination des avocats. Par conséquent, beaucoup de trentenaires et de quadragénaires en pleine forme ont été vaccinés.

Les plus de 70 ans mal servis

Seul un tiers des 6,85 millions de doses déjà administrées dans le pays ont concerné les plus de 70 ans, malgré leur plus grande vulnérabilité au virus.

«La politique de vacciner des catégories relativement jeunes est assez surprenante... et ne s’explique aucunement par des critères de santé», commente Federico Santi, analyste chez Eurasia Group, un cabinet de conseil politique.

Le gouvernement a désormais décidé de mobiliser les pharmaciens, les futurs médecins, les dentistes et les généralistes pour vacciner massivement la population. Il fera aussi appel à l’armée et aux services de protection civile pour aider des régions moins dotées du sud du pays, comme la Calabre.

L’Italie est aussi en train d’ouvrir des centres de vaccination dans des stationnements, des centres commerciaux, des gymnases, des usines, des propriétés de l’Église. Reste qu’un site aménagé dans la principale gare de Rome a fermé ses portes en raison de la pénurie de doses AstraZeneca.

L’Agence européenne des médicaments s’est dite mardi «fermement convaincue» des avantages du vaccin AstraZeneca, recommandant de continuer à l’administrer, à l’instar de l’Organisation mondiale de la Santé. Mario Draghi et le président français Emmanuel Macron ont jugé les déclarations de l’EMA «encourageantes» mardi soir après un entretien téléphonique.

Les doutes semés sur ce vaccin pourraient toutefois renforcer le camp des anti-vaccins, assez fort en Italie.

«L’approvisionnement reste le grand point d’interrogation», note Federico Santi, alors que AstraZeneca, mais aussi Johnson & Johnson, peinent à honorer leur calendrier de production.

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres