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Un vaccin qui divise

Un vaccin qui divise

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L’arrivée de plusieurs vaccins anti-COVID-19 a fait apparaître une multiplication de positions mercantiles quant à sa distribution. L’établissement d’une liste, par le gouvernement québécois, visant à établir les groupes prioritaires, a donné lieu à des positions idéologiques fortement discutables de la part de plusieurs groupes et d’un manque flagrant de solidarité.  

Telle une meute de loups affamés, chaque groupe social était prêt à s’accaparer du vaccin au risque de se désintéresser de l’intérêt général. On reconnaîtra facilement que le choix de prioriser les personnes aînées en CHSLD et en résidences pour personnes aînées nous semble des plus judicieux. Ces personnes ont été les premières victimes de la pandémie, et qui plus est, elles ont été infectées par des personnes venant de l’extérieur. Elles ont été doublement affectées et stigmatisées. 

Critères

Le vrai problème n’est pas quel groupe devrait être priorisé, mais quels sont les critères devant établir l’urgence de protéger les plus vulnérables. Les personnes âgées ne sont-elles pas celles qui ont bâti le Québec que nous connaissons et qui, comme tout être humain, ont droit à tout notre respect et à toute notre attention. 

Dans une société égalitaire, toutes et tous ont les mêmes droits, les mêmes privilèges, les mêmes obligations et les mêmes responsabilités et doivent recevoir les mêmes soins. Les personnes aînées, loin d’être une partie négligeable de nos sociétés, sont celles qui ont fait que notre monde est ce qu’il est devenu grâce à toutes les avancées médicales, technologiques, économiques et sociales auxquelles nous avons largement accès aujourd’hui. 

La pandémie a apporté, il est vrai, son lot de problèmes et fait apparaître la triste existence des inégalités sociales. Mais ce n’est pas en dévalorisant le droit à des soins médicaux aux personnes aînées ou en les disqualifiant en raison de leur âge ou de leur état de santé qu’une plus grande justice sera mieux servie. 

Une société est composée d’une variété de groupes d’âge et chaque groupe est dépendant des autres groupes pour sa survie. Tant qu’une personne est en vie, même en fin de vie, elle demeure une personne à part entière et elle conserve tous ces droits à recevoir les soins médicaux dont elle a besoin et à être traitée comme personne humaine à part entière. 

La même dignité

Quant à la liste de priorités établie par le gouvernement du Québec, elle peut être discutable, mais assurément pas aux dépens d’un groupe d’individus, mais de l’intérêt supérieur de la nation. Toutes et tous avons droit à la même dignité. Nous sommes toutes et tous solidairement affectés devant la COVID-19 donc toutes et tous nous devons affronter solidairement ce terrible virus. Comme société, nous serons jugés par notre capacité commune à prendre des décisions solidairement responsables et attentives à l’ensemble de la population. 

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