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Filière électrique: une chance en or pour le Québec

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En voyant François Legault et Justin Trudeau annoncer un investissement dans l’usine de blocs-batteries de la compagnie Lion à Saint-Jérôme, le rêve d’un véhicule électrique alimenté avec une énergie et des matériaux québécois se rapproche.

Les gens qui sont hostiles à la filière se plaisent à le rappeler : les minéraux utilisés dans la conception des batteries de véhicules électriques génèrent un important coût environnemental et social dans plusieurs pays africains et servent des intérêts chinois. Si le Québec veut tirer son épingle du jeu dans ce secteur en émergence, il doit miser sur son avantage compétitif de posséder un sous-sol riche.

Une vraie stratégie minière

On sent nos politiciens pressés de faire des annonces dans le développement industriel, mais inversement, on attend une vraie stratégie minière pour amener le lithium, le graphite et le nickel de notre sous-sol jusque dans les autos.

Le projet Nemaska Lithium a été ruineux pour de petits investisseurs avant d’être repris par Québec. Le projet de mine à ciel ouvert Nouveau Monde Graphite à Saint-Michel-des-Saints, pour lequel on a court-circuité le BAPE, soulève des inquiétudes et rappelle le défi d’implanter des sites d’extraction plus près des portions habitées du Québec.

Inversement, le verdissement planétaire des transports implique que tout le monde fasse sa part pour localiser une partie des risques environnementaux. S’il entend devenir un leader, le Québec ne peut accepter que l’Afrique soit seule à casquer pour nos Tesla et nos autobus électriques.

Un patrimoine

Québec solidaire en appelait l’automne dernier à un nouveau contrat social minier pour le développement de la filière. On le souhaite ardemment, parce que si le gouvernement ne fait rien pour que l’exploitation se fasse à notre avantage et de la manière la plus propre possible, il n’y a que les opposants que l’on entendra.

Les richesses minières du Québec constituent un patrimoine qu’on ne peut utiliser que pour payer l’épicerie. Pour que les retombées de son extraction soient durablement payantes, elles doivent soutenir des investissements qui enrichiront toute la collectivité et créeront une filière d’avenir au Québec.