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IUCPQ-UL: le déménagement des laboratoires inquiète

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La centralisation des laboratoires de biologie médicale de l’Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ-UL) vers le nouveau complexe hospitalier (NCH) de l’hôpital de l’Enfant-Jésus suscite des craintes parmi les spécialistes qui traitent notamment les cancers du poumon.

Selon l’IUCPQ, cette démarche de centralisation (OPTILAB) du ministère de la Santé (MSSS) devrait mener au démantèlement complet de ses laboratoires spécialisés vers 2024. Pour chaque région, un laboratoire «serveur» devrait ensuite réaliser l’ensemble des analyses jusqu’à preuve du contraire.  

L’IUCPQ affirme que les tests et la recherche en laboratoire font partie intégrante du succès de leur approche de soins. Mandaté par la Coalition priorité cancer, le Conference Board du Canada a d’ailleurs cité l’IUCPQ-UL comme un modèle à suivre. À l’interne, on répète donc que le déménagement n’est pas la voie à suivre.  

L'approche de l'IUCPQ serait même plus efficace et plus rapide, ce qui permettrait potentiellement d’améliorer le taux de survie des patients. 

Expertise élevée

«Les laboratoires doivent être adaptés à la clientèle et aux services qu’on donne. Nous, on fait des greffes cardiaques et des chirurgies de cancer du poumon. Nous avons vraiment un laboratoire spécialisé et le niveau d’expertise est plus élevé», affirme le Dr Christian Couture, pathologiste et chef de laboratoire à l’IUCPQ. 

Selon le Dr Couture, le processus à l’interne serait moins coûteux pour le système de santé. Les patients auraient ainsi accès à un traitement plus rapidement. Enfin, le modèle de l'IUCPQ réduirait également les coûts de laboratoire.  

«Un laboratoire comme le nôtre rend un maudit bon service à une grande partie de la population. Dans la centralisation, on n’en tient pas compte. On n’a plus les mains sur le volant de la Ferrari qu’on décrit dans le Conference Board. Nos gens sont formés en poumon et en cœur et on veut les envoyer dans un immense hôpital où on ne sait pas ce qu’ils vont faire», ajoute le Dr Couture.  

Changement de cap

L’équipe de l’IUCPQ demande maintenant au ministre de la Santé Christian Dubé de réévaluer leur situation.  

«On a un ministre qui est comptable. Ça serait intéressant qu’il vérifie combien ça coûte.» 

Interrogée par Le Journal, une chercheuse du CHUM a cependant mis quelques bémols sur les revendications de l’IUCPQ. 

«Faudrait démontrer que ça affectera la qualité des soins. Il y a les machines, mais aussi la façon de travailler des gens autour. Je pense que l’expertise humaine est transférable. Les techniques ne seront pas moins bonnes ailleurs. On peut invoquer les délais de sortie des résultats, mais ça reste à voir», a répliqué cette spécialiste de biologie médicale, qui n’a pas voulu être nommée pour ne pas froisser des collègues. 

L’IUCPQ croit malgré tout que les patients vont payer le coût de cette «réorganisation manquée».