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Toujours en zone orange, le Bas-Saint-Laurent veut des explications

Dr Sylvain Leduc, directeur régional de santé publique du Bas-Saint-Laurent.
Photo courtoisie Dr Sylvain Leduc, directeur régional de santé publique du Bas-Saint-Laurent.

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Les élus du Bas-Saint-Laurent ont demandé à rencontrer le ministre de la Santé, Christian Dubé, ainsi que le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, lundi prochain, pour avoir des explications concernant l’état d’alerte de leur région, qui demeure à l’orange.

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Surpris, mais surtout déçus du statu quo quant à leur palier d’alerte, les huit préfets et dix maires des villes centres de la région du Bas-Saint-Laurent demandent des comptes.  

Ils veulent savoir pourquoi la région ne passera pas en zone jaune, comme c’est le cas pour la Côte-Nord, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, où disent-ils, la situation épidémiologique est comparable à la leur. 

«On se rend compte qu’on est traité de plus en plus comme les gens de Montréal, qui selon les statistiques, ont six ou sept fois plus de cas par nombre d’habitants. Le rouge dans les grands centres palis et se rapproche davantage du orange. Nous, malgré le faible nombre de cas, on fait du sur place», déplore le maire de Rimouski, Marc Parent.

Rendez-vous manqué

Selon le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup et président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, l’annonce de mardi soir a été «un rendez-vous manqué». «On cherche à comprendre les orientations de la Santé publique. On aurait aimé qu’on nous explique les critères sur lesquelles sont basées les analyses, qui permettent de faire passer une région de orange à jaune», mentionne-t-il. 

Devant autant d’incompréhension, les élus mentionnent qu’il est par ailleurs difficile de «faire passer le message» à la population. «Quand on est mieux informé, on comprend mieux et on peut mieux agir comme porte-voix auprès de la population. Quand la population ne comprend pas [les mesures sanitaires en place], ça devient un défi supplémentaire», dit M. Lagacé. 

Les bulles familiales et le sport

Ainsi, ils auraient souhaité, au moins, des assouplissements pour les jeunes sportifs et la possibilité que deux bulles familiales puissent se réunir. «Ça fait partie des attentes qui nous apparaissent légitimes», mentionne M. Lagacé. 

Les restaurateurs déçus

Chez des restaurateurs du Bas-Saint-Laurent, le mécontentement est aussi perceptible. Certains, comme la propriétaire du Resto Pub l’Estaminet, s’attendaient à voir la région virée au jaune, mardi. « C’est terrible. [...] J’étais sûre qu’on allait ouvrir. Il n’y a pas assez de cas pour qu’on reste en orange. On est similaire à la Gaspésie », déplore Mylen Ouellet, qui possède l’établissement de Rivière-du-Loup depuis 20 ans.  

Le propriétaire de l’Union Pacifique, à Rimouski, espère la fin du couvre-feu pour sa région le plus tôt possible. « La décision du couvre-feu nous nuit beaucoup. Beaucoup de la clientèle veut étirer la soirée », souligne Mani Bounif.  

Pour sa part, le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Dr Sylvain Leduc, a affirmé d’entrée de jeu en point de presse mercredi, qu’il soutenait «entièrement» la décision de demeurer en zone orange. 

Le virus va revenir

«Le virus va revenir dans notre région [...] Le passage à un autre palier est très attendu dans la population et je le comprends parfaitement. Nous même à la santé publique, on est tannés, mais ce n’est pas parce qu’on est tannée, que le virus est moins présent», a-t-il indiqué, qualifiant la situation de «fragile». 

Il a aussi tenu à rappeler les 45 cas de COVID-19 toujours actifs et les 169 personnes en isolement préventif, en date de mercredi, qui ont été en contact avec le virus, dont certains avec un variant, a-t-il précisé. «Il aurait été un peu précipité et un peu prématuré [de passer en zone jaune] », a-t-il indiqué. À ce jour, deux cas de variants ont été identifié au Bas-Saint-Laurent. 

Le Dr Leduc a par ailleurs affirmé que la couverture vaccinale au Bas-Saint-Laurent devrait atteindre 20% à la mi-avril. 

Saguenay

À Saguenay, personne n’a semblé surpris par la décision du gouvernement, de demeurer en zone orange, notamment en raison d’une recrudescence de cas, plus tôt cette semaine, frôlant même le palier rouge sur certains indicateurs. 

De 10 cas actifs la semaine dernière, la région a bondi à 145 en date de mercredi.

«Je peux vous dire que si on était passé au jaune, on le regretterait», prévient le directeur régional de santé publique, Donald Aubin, rappelant que la situation peut changer rapidement quand on baisse la garde. 

«C’est le grand message à retenir. [...] Il restait 10 cas dans la région. On se dit que les chances d’en rencontrer un sont faibles. C’est humain, on fait un peu moins attention et ça entraine une hausse», précise le Dr Aubin. 

Et les conséquences sont importantes. De 35 personnes en isolement il y a deux semaines, le Saguenay en compte maintenant 550. «J’ai confiance en l’adhésion de notre population, on a réussi à redresser la situation une fois déjà», ajoute le Dr Aubin à propos de l’effort qui a fait passer la flambée de la deuxième vague de 1300 cas actifs à une vingtaine seulement en entre décembre et la fin février. 

«Ça démontre que si des gens croyaient qu’on était passé à autre chose, non on est encore en pandémie», a affirmé pour sa part la mairesse de Saguenay, Josée Néron.  

Les restaurateurs étaient aussi résignés à prendre leur mal en patience. «Faut qu’on s’y fasse, faut attendre encore», a indiqué le copropriétaire du restaurant Pacini de Chicoutimi, Savanh Inthavongs. 

— Avec la collaboration de Simon Baillargeon et de Pierre-Paul Biron

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