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«Lynchage médical» au Québec: PSPP portera plainte à l’Université d'Ottawa

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Le chef du Parti québécois portera plainte auprès de l’Université d’Ottawa pour dénoncer les nombreuses déclarations d’un de ses professeurs associant le Québec à une société profondément raciste.

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«On est devant non pas, ici, de la liberté d'expression... Parce que critiquer le gouvernement du Québec, critiquer le Québec, c'est sain. Je le fais régulièrement. On est bel et bien devant une série de commentaires, qui sont constants, des commentaires qui sont diffamatoires, méprisants, dénigrants envers le Québec et les Québécois, bref, un cas de “Québec bashing”», a déclaré Paul St-Pierre Plamondon jeudi.  

Connu pour avoir associé les francophones au racisme dans le passé, le professeur de la Faculté de droit Amir Attaran a récemment affirmé que le Québec pratique un «lynchage médical» envers les Autochtones et les Noirs. Selon lui, les infirmières congédiées pour avoir insulté Joyce Echaquan ont carrément «tué» la femme atikamekw.  

Amir Attaran a également qualifié le premier ministre François Legault et son gouvernement de «suprémacistes blancs». Le Québec, selon lui, est l’équivalent d’un «Alabama du Nord», en référence à un État américain longtemps connu pour sa ségrégation raciale.  

L’Université d’Ottawa estime que «ce genre de propos est offensant», mais qu’elle ne peut intervenir, en raison du respect de la liberté d’expression.  

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Paul St-Pierre Plamondon sur QUB radio:

Nouvelle controverse

«Ce que je constate, dans la réaction de l'Université d'Ottawa, c'est toute l'hypocrisie de fermer les yeux devant des commentaires à la limite de la haine, des commentaires qui sont clairement stigmatisants pour les Québécois, fermer les yeux devant ça, pendant qu'on cherche toutes les microagressions, qu'on parle constamment de racisme dans l'Université d'Ottawa», fait valoir Paul St-Pierre Plamondon.  

Rappelons que l’établissement universitaire s’était retrouvé sur la sellette, l’automne dernier, après qu’une professeure eut été suspendue temporairement pour avoir prononcé le «mot en N» dans un contexte scolaire.  

«L'Université d'Ottawa ne peut pas appliquer un système deux poids, deux mesures, où, dépendamment de la couleur de peau présumée du groupe cible, on laisse passer ou on sévit. Je trouve inconcevable qu'on puisse accepter que, dans le contexte canadien, le seul groupe ciblé qu'on puisse dévaloriser, mépriser et dénigrer, ce soient les Québécois, et, malheureusement, c'est le signal qu'envoie l'Université d'Ottawa», estime le chef péquiste.  

Plus tard en journée, Amir Attaran a affirmé sur Twitter qu’il ne compte pas «prendre des leçons de diversité et d’inclusion de la part d’un parti politique obsolète construit sur l’exceptionnalisme ethnique et la suprématie des Blancs “pure laine”».  

L’Université d’Ottawa a fait savoir jeudi qu’elle se dissocie des propos de M. Attaran. «Ce professeur ne parle pas au nom de l’Université d’Ottawa; il n’a d’ailleurs jamais affirmé que c’était le cas. Son opinion est la sienne et il l’a exprimée sur son compte Twitter personnel. Son opinion ne reflète en rien celle de l’Université d’Ottawa», a répété son directeur, communications institutionnelles, Patrick Charrette, comme il l’avait fait la veille.  

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