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Un maire coupable de conflit d’intérêts

L’élu a fait asphalter la rue jusque chez lui

gilles carpentier
Photo d'archives La portion du boulevard Rodrigue asphaltée donne sur le côté du terrain du maire Gilles Carpentier où une entrée est aussi aménagée.

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Un maire qui a plaidé coupable d’avoir favorisé ses intérêts en demandant le prolongement de travaux d’asphaltage trouve injuste que les sanctions soient les mêmes pour les représentants de petites et de grandes villes. 

« C’est une erreur de rookie [débutant] », a admis Gilles Carpentier, maire de Sainte-Marie-Madeleine, en Montérégie, jeudi en audience de la Commission municipale du Québec (CMQ), qui agit comme tribunal en matière d’éthique et de déontologie pour les élus. 

En septembre 2018, M. Carpentier, qui était maire depuis moins d’un an, a demandé à un entrepreneur qui faisait des travaux de pavage d’étendre la zone de surfaçage jusqu’à son terrain situé à l’angle de deux rues. 

« Le directeur de la voirie est venu me voir chez moi pour savoir si on ne devrait pas prolonger le surfaçage pour raccorder deux rues nouvellement asphaltées. Je pensais à faire économiser la municipalité. Je croyais que je pouvais prendre cette décision, mais il aurait fallu qu’on vote une résolution au conseil. [...] Je n’en ai retiré aucun avantage », a témoigné le maire de la paroisse de 3000 habitants, près de Saint-Hyacinthe. 

« Dans beaucoup de manquements déontologiques, les gens n’étaient pas de mauvaise foi, mais il s’agit souvent d’ignorance », a rappelé le juge Thierry Usclat. 

Suspension de 45 jours proposée 

Selon la recommandation de l’avocate de la CMQ, M. Carpentier devrait écoper de 45 jours de suspension si le juge entérine la recommandation.

Une peine que le principal intéressé trouve trop élevée. 

« Je déplore que les sanctions pour les petites municipalités soient les mêmes que pour les grosses municipalités qui ont plus de ressources », a-t-il mentionné. 

« La loi est la même pour tout le monde », a rétorqué le juge Usclat, ajoutant qu’il est important d’aller chercher des avis juridiques avant d’agir, dans le doute. 

Parmi les facteurs atténuants à l’avantage du maire, le juge a mentionné le fait qu’il a reconnu avoir mal agi dès le mois suivant, en plus de rembourser la somme de 250 $ qui représenterait le montant pour le surfaçage devant sa portion de terrain.