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À bout de souffle, les infirmières veulent leurs vacances

À bout de souffle, les infirmières veulent leurs vacances
TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

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Du personnel à bout de souffle et des arrêts de travail plus fréquents: le personnel de la santé ressent de plus en plus les effets de la surcharge due à la pandémie. 

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Chez les infirmières, nombreuses sont celles qui tombent au combat. Alors que le taux d'absentéisme est normalement de 20% pour les arrêts prolongés, il atteint maintenant 36%.

Même si seulement huit personnes sont hospitalisées à l'unité COVID-19 et que le nombre de nouveaux cas est très bas dans les deux régions qu'il chapeaute, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) fait toujours appel à l'arrêté ministériel. Il peut imposer des quarts de travail de 12 heures, obliger le personnel à faire du temps plein et même annuler des vacances.

La direction du CIUSSS MCQ, par l'entremise de son service de communications, assure que «l'application de l'arrêté ministériel est une mesure de dernier recours. Notre souhait premier est de permettre au personnel de bénéficier de leurs vacances», a-t-on indiqué vendredi à TVA Nouvelles.

On ajoute qu'au cours de la dernière année, «l'application de l'arrêté a toujours été utilisée proportionnellement aux impacts liés à la pandémie de COVID-19».

Mais la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Nathalie Perron, a plutôt été témoin d'aberrations. «On se ramassait avec des gens en surplus dans les équipes de travail. Donc, il y avait des ratios beaucoup plus importants et on les gardait quand même en poste au lieu de donner des fériés», a-t-elle raconté.

Pour permettre à tout le monde de faire des plans de vacances, les syndicats auraient aimé que le décret soit abrogé pendant que les cas sont en baisse, quitte à faire marche arrière en cas de nouvelle flambée des infections. Mais Québec laisse plutôt aux régions la décision de l'utiliser ou non.

«C'est clair que, pour nous, continuer des mesures comme ça juste au cas où, c'est de l'abus de pouvoir», a condamné Mme Perron.

En attendant, le syndicat ne serait pas surpris de voir certains membres se déclarer soudainement en congé maladie prolongé pour s'assurer de pouvoir planifier des vacances. «Les gens sont épuisés. La seule solution qu'ils voient pour s'en sortir, c'est démissionner ou partir en assurance salaire», a-t-elle conclu.