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Bois d’œuvre: pourquoi ne pas donner la priorité aux Québécois?

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Pourquoi le Québec, qui voit près de la moitié de ses récoltes de bois prendre la route des États-Unis, ne se doterait-il pas de nouvelles mesures pour s’assurer de ne plus souffrir de pénuries de bois comme celle qui nous touche présentement?

C’est ce que le député péquiste de Bonaventure, en Gaspésie, Sylvain Roy, a suggéré cette semaine à l’Assemblée nationale, après que le gouvernement caquiste lui a refusé d’initier une commission parlementaire sur la gestion de la forêt.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de forêts juge anormal que les Québécois, qui possèdent collectivement un «potentiel forestier phénoménal», se voient aujourd’hui contraints de subir les conséquences d’une pénurie de bois. Parmi elles, l’explosion des prix et le manque de produits sur les tablettes des quincailliers.

Ça ne tourne pas rond

Sa proposition: la mise en place d’un «Patriot Act», sorte de «clause Québec», par laquelle l’État imposerait à l’industrie que le bois recueilli dans ses forêts publiques serve en priorité les besoins des Québécois. 

«Présentement, le bois nous passe par-dessus la tête pour desservir les Américains, dit-il. Et pendant ce temps, à défaut de mieux ou de disponibilité du bois à prix abordable, nous sommes rendus à devoir utiliser l’aluminium pour bâtir nos maisons. Quand je regarde cela, que je réfléchis à tout ce bois dont nous disposons, je me dis que ça ne tourne pas rond.»

L’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction a semblé séduite par l’idée. Cette dernière a reçu le même accueil de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec, lorsque Le Journal l’a contactée. «Nous vivons un vrai problème d’approvisionnement, insiste son PDG, Éric Côté. Est-ce qu’on va finir par devoir importer du bois pour remplacer celui d’ici que l’on vend à l’étranger?»