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Les quincailliers... coureurs des bois

La diminution de production combinée à la hausse de la demande rend difficile de faire des provisions

GEN-Portrait de M Alexandre Lefebvre nouveau PDG de BMR
Photo Mario Beauregard Alexandre Lefebvre, nouveau chef de la direction de Groupe BMR à Boucherville.

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La course contre la montre des quincailliers pour sécuriser leur inventaire, entre autres, en bois, pour la saison estivale est commencée depuis des mois. L’industrie se prépare à vivre un autre été fort achalandé.

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Ces derniers jours, tous les détaillants avec qui Le Journal s’est entretenu ont concédé qu’il est « difficile », actuellement, de faire des provisions. Certains articles s’envolent dès qu’ils se retrouvent sur les tablettes. 

Au Groupe BMR, filiale de Sollio Groupe Coopératif, on parle d’un défi « à temps plein » pour maintenir un inventaire respectable pour plusieurs produits. Le nouveau chef de la direction, Alexandre Lefebvre, affirme n’avoir jamais vu une situation similaire dans le commerce de détail. 

« La chaîne d’approvisionnement est sous tension comme jamais. C’est pire que pire, présentement. Il y a eu des pénuries qui sont importantes dans plusieurs produits. On travaille comme jamais pour réussir à mettre la main sur certains matériaux », indique au Journal le grand patron. 

« Pour le bois, il n’y en a pas assez pour la demande. On vit une surenchère. Cela se bat pour avoir le peu de matériaux disponibles. Personne n’est en mesure de pouvoir gonfler ses inventaires », poursuit-il. Ses équipes travaillent depuis déjà « six mois » pour assurer l’approvisionnement. 

Rappelons qu’en 2020, les quincailliers ont réalisé des affaires d’or, car la demande pour les matériaux de construction a grimpé en flèche. Cette hausse avait eu comme impact de laisser plusieurs tablettes vides.

En plus des travaux des particuliers, le secteur de la construction au Canada et aux États-Unis a aussi connu un boum, ce qui a tiré la demande vers le haut. À cette équation, il faut ajouter la fermeture d’usines et la diminution de production en raison des mesures sanitaires, ce qui a influencé l’offre.

Situation Exceptionnelle

Chez Canac, les spécialistes en acquisition pour les matériaux de la chaîne travaillent depuis l’automne pour assurer l’inventaire. La direction qualifie la situation de l’approvisionnement « d’exceptionnelle ».

« Il n’y a presque qu’une consigne par jour qu’on envoie dans nos magasins, demandant aux conseillers d’être prudent et de faire attention pour ne pas vendre tout au même client. Il faut essayer d’aider un peu tout le monde. C’est vraiment un gros casse-tête », note Patrick Delisle, directeur marketing.

Du côté des Centres de rénovation Patrick Morin, on ressent aussi le bras de fer. Depuis la fin de l’été 2020, on travaille sur des solutions pour éviter des ruptures de stock en prévision de la prochaine saison estivale.

« Ça roule au rythme que les manufacturiers sont capables de fournir. Je parlais avec l’un de mes gestionnaires qui fait le suivi du bois depuis plus de 20 ans et il n’a jamais vu ça. C’est vraiment incroyable, la fluctuation », confie le nouveau vice-président et chef de l’exploitation, Daniel Lampron.

Même les délais de livraison pour importer certaines marchandises sont aujourd’hui plus longs, selon certains quincailliers d’ici, en raison de l’espace limité disponible par rapport à la demande sur les bateaux. 

La rareté du bois a eu comme conséquence, ces derniers mois, de faire exploser le coût d’acquisition pour les détaillants, ce qui a eu un impact considérable sur la facture des consommateurs. Selon les quincailliers, ce sont les fabricants qui profitent le plus de cette hausse des prix.