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Sa disparition: la fin de vie, observée de près

Olivia Delachanal
Photo courtoisie, Julie Artacho Olivia Delachanal

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Bouleversée par la mort de sa grand-mère et par les conditions de vie des aînés dans les résidences pour personnes âgées, l’écrivaine, enseignante et femme de théâtre Olivia Delachanal raconte ce parcours, de façon littéraire et poétique, dans son premier roman, Sa disparition. Avec tendresse et émotion, mais sans concession, elle braque son projecteur sur l’univers difficile des gens en résidence pour aînés – lequel qui fait rarement l’objet de romans. 

<b><i>Sa disparition</i></b><br/>
Olivia Delachanal<br/>
Éditions Quai no 5<br/>
224 pages
Photo courtoisie
Sa disparition
Olivia Delachanal
Éditions Quai no 5
224 pages

En racontant l’histoire d’une femme disparue d’une résidence pour personnes âgées – disparition imaginaire et littéraire –, Olivia Delachanal signe un roman engagé, basé sur ses propres observations. 

Dans le roman, la petite-fille de la dame, en état de choc, refuse de quitter les lieux tant que sa grand-mère n’aura pas été retrouvée. Elle décide de mener sa propre enquête, et découvre la vie quotidienne des vieux. Ils sont laissés à eux-mêmes, isolés et médicamentés... mais parfois aussi frondeurs et révoltés.

Olivia Delachanal a construit son histoire à partir de ses propres observations, d’entrevues d’aînés en résidence, de politiques ministérielles, de rapports d’organismes, de reportages.

Elle a terminé l’écriture du roman lorsque la pandémie a commencé. « L’aboutissement est un peu surréel... C’est un processus qui a commencé il y a de nombreuses années. C’est une coïncidence », dit-elle, en entrevue. 

Le début de l’écriture correspond au moment où la première de ses deux grands-mères a été placée en résidence, il y a presque huit ans. « Ça a été un choc dans ma vie. Je pense que pour beaucoup de familles, c’est comme ça. Le monde des résidences et des CHSLD, c’est une réalité à laquelle les gens font face. Quand ma grand-mère a été placée, j’avais tout plein d’émotions, mais aussi plein de questions qui se sont mises à tourner dans ma tête et j’avais besoin d’y répondre. »

Ce dont elle parle dans le roman est inspiré de son expérience, de ses visites. « Il y a beaucoup d’éléments autobiographiques, des choses dont moi, j’ai été témoin, à travers les différentes maisons, résidences et CHSLD où ma grand-mère a vécu, à Montréal. Mon autre grand-mère est placée en France, dans une résidence, donc j’ai pu comparer plusieurs milieux de vie, au cours des années. »

Elle leur a rendu visite très souvent. « J’ai rencontré les préposés qui s’occupaient d’elles, les voisins et voisines qui partageaient leur chambre. Et j’ai commencé à prendre des notes. »

Des difficultés

Dès les premières minutes, les difficultés se sont présentées. « Ma grand-mère n’a pas eu de chance. Dans la première résidence où elle a été placée, ouf, on ne savait même pas si elle était nourrie. Certaines journées, on la retrouvait avec des bleus. Il y avait beaucoup de choses qui ne faisaient aucun sens. »

Sa grand-mère a séjourné dans trois résidences, au total. « À chaque fois, c’était très dur d’aller lui rendre visite et d’être confrontée à ce qui faisait son quotidien. Des fois, elle n’était pas changée. La plupart des gens qui ont pris soin d’elle étaient très dévoués – le roman n’est pas là du tout pour blâmer les employés de ces centres, au contraire. Mais il y a un manque de ressources : c’est criant, les besoins et l’horreur de certaines situations qui se passent en CHSLD. » 


♦ Olivia Delachanal est diplômée en littérature, théâtre, philosophie et enseignement.

♦ Après avoir travaillé une dizaine d’années dans le milieu du théâtre, elle enseigne aujourd’hui le français aux adultes.